PS la voie alternative ?

Publié le 10 Juin 2015

Le Congrès de Poitiers n’a pas permis de constituer une 3ème voie. Une majorité de militantes et de militants souhaitait d’abord stopper une fronde parlementaire trop véhémente qui ne s’appuyait pas sur une adhésion militante. Ils ont gagné et largement.

Entre un socialisme de contestation et un socialisme de gouvernement, la majorité a souhaité soutenir le Président de la République et le gouvernement.

 

Pour autant, la ligne du parti est-elle tranchée par ce vote ?

Il n’en est rien, de Gérard Collomb à Martine Aubry, la motion A regroupe des sensibilités très différentes. Elle ne donne pas une ligne claire pour le Parti Socialiste.

Or cette ligne est fondamentale pour donner du sens, pour expliquer aux Françaises et aux Français que gouverner à gauche ce n’est pas la même chose que gouverner à droite ou à l’extrême droite.

 

Quel est le sens du vote socialiste aujourd’hui ?

C’est la question fondamentale que nous devons trancher pour reconquérir notre électorat. Cette ligne socialiste doit reposer sur 4 piliers fondamentaux, hérités de notre histoire et de nos combats d’aujourd’hui :

 

1. Etre socialiste c’est d’abord porter un projet social. Nous ne nous résignons pas à une économie de marché qui livrerait à la concurrence les salariés. Nous considérons qu’une législation sociale doit être garantie pour mettre des cadres, des limites, et refuser que l’homme soit un loup pour l’homme. Ce discours social reste fondamental. Nous garantissons une protection sociale fruit d’un combat syndical et politique.

Il faut le dire, cette dimension du socialisme n’apparaît pas suffisamment aujourd’hui. Le Parti Socialiste doit davantage porter ce combat, dans un marché que certains voudraient de plus en plus dérégulé. La solidarité est une valeur fondamentale pour les socialistes.

 

2. Etre socialiste c’est se battre pour l’émancipation de l’Homme. Jean Jaurès a donné cette dimension forte au combat des socialistes. Il ne faut pas en rabattre sur cette dimension du socialisme. Le féminisme c’est le socialisme. Le mariage pour tous, c’est le socialisme permettant l’égalité de droit pour tous les couples.

L’école c’est un combat essentiel pour les socialistes. Or aujourd’hui cette école ne joue plus pleinement son rôle. L’école est devenu le lieu d’abord de la sélection avant d'être le lieu de l’émancipation. C’est toute l’importance de la réforme actuelle du collège pour permettre à chaque enfant de s’épanouir.

 

3. Etre socialiste c’est accepter de gouverner. Nous ne sommes pas un parti de contestation mais nous acceptons de gouverner depuis Alexandre Millerand en 1899, avec le soutien de Jaurès.

Sous la Vème République, avec la première alternance, François Mitterrand fit du Parti Socialiste un réel parti de gouvernement. Certes ce n’est pas facile, les arbitrages sont parfois douloureux.

D’où l’importance du Parti socialiste qui doit rester actif dans ces périodes de gouvernement. Il ne s’agit pas seulement de soutenir l’action gouvernementale mais de peser sur ses choix. Ainsi la réforme fiscale doit se faire avant la fin de ce quinquennat, comme le veulent les socialistes.

 

4. Etre socialiste c’est préparer l’avenir. Nous ne sommes pas des conservateurs, nous devons avoir toujours un temps d’avance pour préparer les mutations nécessaires.

Lors de l’élection présidentielle de 2007, Ségolène Royal avait su briser certains conformismes pour se lancer dans la bataille des idées neuves. Il s’agissait notamment de donner plus de place aux citoyens dans la démocratie participative, de se lancer avec force dans la transition énergétique, de ne pas laisser à l’extrême droite les symboles de la République, et de défendre notre idée de la nation en reconnaissant toute la richesse de la France métissée.

L’avenir c’est aussi la construction européenne chère à François Mitterrand, un espace de démocratie, d’humanité, et de progrès dans un monde en mutation, un monde instable.

 

Entre les motions A et B, je me suis engagé dans le soutien d’un socialisme alternatif, une troisième voie : la Fabrique selon l’expression de Dominique Bertinotti.

La direction actuelle de cette motion a pris un parfum de cuisine pour servir les appétits de caporaux insignifiants. Laissons cela, ça n'a pas de sens.

Il reste maintenant à poursuivre le combat pour donner un sens au socialisme.

Il ne s’agit bien sûr pas de défendre quelques propositions conjoncturelles mais bien de construire cette ligne politique.

C’est tout l’intérêt de la Fabrique pour les Citoyens !

 

Philippe Allard

Rédigé par Philippe Allard

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