Pourquoi le retrait est-il un mauvais choix politique ?

Publié le 9 Décembre 2015

Pourquoi le retrait est-il un mauvais choix politique ?

Face aux scores du Front National, arrivé largement en tête dans plusieurs régions, le Parti Socialiste a décidé de retirer ses listes dans les trois régions menacées par le parti d’extrême droite.

Mais cette stratégie est-elle la bonne pour stopper la progression du FN ?

La morale comme abandon

Le retrait est justifié par la peur que le maintien de la liste socialiste puisse permettre l’élection de la liste d’extrême droite. Il s’agit donc d’une justification de bonne conscience : « si je ne le fais pas, que va-t-on penser de moi ? » … une justification morale : « c’est bien de le faire ! ».

« Bien » certes mais pas garanti … il n’est, en effet, pas certain que ce retrait assure la défaite des listes d’extrême droite dimanche prochain. Les militants socialistes attendront donc le résultat. Il n’y a plus qu’à … il n’y a plus qu’à espérer. De toute façon, ils savent qu’ils ne seront plus représentés au Conseil régional.

Certes ces justifications, morale et de bonne conscience, sont bonnes à entendre … mais sont-elles efficaces ? Peut-on réellement convaincre les électeurs de voter contre ? Le vote « contre » est-il un réel combat politique d’avenir ? Que fera-t-on la prochaine fois ? Faut-il, là encore, espérer en fermant les yeux et en se persuadant que ça n’arrivera plus ?

Le retrait comme fin

Le retrait ne conforte-t-il pas au contraire le positionnement du parti d’extrême droite ? Au lieu de le contrer ne va-t-il pas le renforcer ?

Toute la justification morale et de bonne conscience tend à dire qu’il y aurait deux sortes de citoyennes et de citoyens : celles et ceux qui savent et défendent la bonne morale et les autres … celles et ceux qui n’ont rien compris et qu’il faudrait sauver du mal !

Peut-on convaincre des électrices et des électeurs en les considérant comme des imbéciles ?

Se présentant comme le parti : seul contre tous, opposant de l’establishment, parti refuge pour toutes celles et tous ceux qui se sentent abandonnés, exclus, les oubliés de la République, « les sans-voix », le FN plus que jamais, avec ce retrait, apparaît comme une porte de sortie possible et peut être une autre voie possible. Au lieu de le contrer, on lui donne un sens.

Se retirer ou combattre ?

Le retrait c’est en somme la politique du pire, lorsqu’il n’y a plus rien à faire, plus de combat à mener, lorsque l’on croit que tout est perdu, alors on se retire.

Il n’y aurait donc plus rien à faire pour contrer la progression du FN ?

Je ne le crois pas. Je pense tout le contraire. Il ne faut surtout pas se retirer mais combattre. Non pas sur le ton de la morale … mais avec des justifications politiques.

C’est le travail du politique. S’il renonce alors vraiment on peut craindre l’avenir. S’ils ne sont plus capables de convaincre des choix politiques alors la fin est prévisible. S’il ne lui reste plus que le vote contre, qu’il se retire en effet, mais alors s’en sera fini pour de bon.

Dans le Grand Est, Jean-Pierre Masseret ne renonce pas. Il part au combat. Je le soutiens !

Philippe Allard

Rédigé par Philippe Allard

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