Où va la gauche ?

Publié le 4 Janvier 2016

Où va la gauche ?

La gauche socialiste au XIXè.s est une répondre à la question sociale, à l’exploitation de l’homme par l’homme dans cette phase d’industrialisation. L’exploitation ouvrière donne en effet tous les excès. Le système capitaliste est alors condamné, certains rêvent de la suppression de la propriété privée, d’autres s’orientent déjà vers une régulation du système.

Avec la Révolution russe d’octobre 1917, le socialisme se fracture. Les communistes vont « courir l’aventure », Blum « reste garder la vieille maison » de la SFIO.

Dans cette période keynésienne, la gauche socialiste a une orientation bien définie. Elle défend les lois sociales arrachées au capitalisme : la réduction du temps de travail, les congés payés, le logement social, la sécurité sociale après-guerre. C’est la période des trente glorieuses, le salaire minimum est garanti.

Mais en 1974 éclate la crise économique. On est entré rapidement dans une mutation du système mondial. La consommation s’envole dans un marché ouvert, c’est la mondialisation. La Chine fait sa contre-révolution culturelle … La compétition s’accroît, les pays émergents entendent jouer un rôle croissant. La régulation n’a plus la cote, au contraire il faut déréguler pour être plus compétitif … Les années 1980 ouvre la voie au retour du libéralisme, c’est aussi celui du retour des travailleurs pauvres.

Dans le contexte de cette mondialisation, quelle est l’orientation de la politique économique et sociale de la gauche socialiste ?

Faut-il accepter une forme de protectionnisme, de retour au marché national pour défendre notre protection sociale ? Thèse qui rejoint d’ailleurs le programme du FN, revenons à nos frontières ! Mais est-ce à dire que la France se mettrait en réserve de la mondialisation, alors que se constituent de gigantesques marchés pour nos entreprises ? La société accepterait-elle d’ailleurs réellement de sortir de ce monde d’échanges ? N’est-ce pas une utopie ? La gauche est-elle condamnée à l’utopie ?

Faut-il alors renoncer à notre idéal d’une société plus harmonieuse, plus égalitaire, moins consumériste, accepter une jeunesse qui « rêve d’être milliardaire » ? Mais quelle serait alors la place de la gauche si ce n’était se réduire à accepter une évolution libérale, où la compétition est mise en avant et conduit à nouveau à tous les excès ? La gauche est-elle condamnée à disparaître ?

François Hollande a une lourde responsabilité aujourd’hui en tant que chef de l’Etat. Socialiste, il doit, avec son gouvernement, mener la bataille économique de la France dans une économie mondiale. Il a montré sa carrure politique en s’opposant à certaines branches de sa famille socialiste qui voulaient l’entraîner dans de nouvelles aventures.

En même temps, il ne s’agit pas de renoncer à l’idéal socialiste. Son sens de l'Etat interventionniste et protecteur, son engagement pour l'éducation de la jeunesse, pour maintenir une protection sociale en sont les marques.

Fort de ses compétences, de son expérience, de son engagement, il est aujourd’hui l’Homme politique de gauche le plus à même de pouvoir réaliser cette synthèse entre une gauche de gouvernement capable de maintenir le rang de la France dans ce monde global et une gauche combattive pour défendre l’égalité et la fraternité.

Fort d’une reconnaissance internationale, il peut porter cet idéal de gauche, car la bataille doit être menée à une autre échelle, la régulation doit être gagnée en Europe et dans le monde. Il faut lui laisser le temps … son œuvre est loin d’être achevée ! Je pense sincèrement qu’il peut beaucoup pour construire ce monde plus humain parce qu’il a en lui cette utopie, mais avant tout ce sens de l’Etat, du possible, du réalisable, de l’action à mener pas à pas. Pour cela, il n'est pas seul. Il a autour de lui des femmes et des hommes de talent.

Philippe Allard

Rédigé par Philippe Allard

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Raiser 05/01/2016 01:48

Pour assurer les engagements présidentielles de 2012, le Président et son gouvernement doivent pouvoir s'appuyer sur une majorité politique et sur un socle populaire stable et combatif, face aux dérégulations en tous genres du patronat et du marché mondial.
Sans ces deux conditions, les réformes ne pourrons aboutir, il y aura une monté de l'incompréhension par le rejet et la violence.