Frondeurs ? Non casseurs !

Publié le 14 Mai 2016

Frondeurs ? Non casseurs !

Les partis politiques ont un rôle essentiel dans la démocratie. Ils défendent des orientations politiques permettant aux électrices et aux électeurs de faire leur choix.

Le Parti Socialiste est un parti gouvernemental de gauche. Il ne s’agit pas de rester dans la contestation, le rêve, les formules magiques, mais d’agir dans un contexte réel.

Cela demande, impose de la confiance. C’était vrai sous Blum, Mitterrand, Jospin et maintenant François Hollande.

A chaque fois se pose la même difficulté, lorsque la gauche est au pouvoir : il faut se confronter à une réalité.

« nous agirons à l’intérieur du régime actuel, de ce même régime dont nous avons montré les contradictions » Léon Blum au Conseil National de la SFIO, le 31 mai 1936.

On ne peut pas parler aujourd’hui de frondeurs au sein du Parti Socialiste mais bien de casseurs.

Qu’il puisse y avoir, sur des choix politiques, des désaccords et qu’il y ait un débat, cela est nécessaire. C’est même fondamental. Mais on a dépassé ce stade-là.

On n’est plus dans le débat mais dans une obstruction systématique, dans une bataille politique. Quelques socialistes, une minorité, ont décidé de casser le pouvoir en place pour des raisons diverses : de conviction sans doute parfois, de calcul et de stratégie politique c’est évident, de carriérisme espérons qu’il n’en est rien …

La conséquence la plus grave, c’est d’empêcher le Parti Socialiste d’exercer son rôle d’éclaireur. Le Parti devient un lieu de conflits internes. Il n’est pas en capacité d’éclairer la ligne politique du gouvernement socialiste.

François Hollande s’en est expliqué à maintes reprises, la situation qu’il a trouvée, après le burlesque Sarkozy, imposait des choix politiques pour assurer à notre appareil productif les moyens de répondre dans une compétition mondialisée.

Il est simple d’expliquer la raison de l’orientation politique. Mais cela demande d’abord de la confiance que l’on obtient en premier lieu dans sa famille politique.

Certains socialistes passent leur temps à mettre le doute, à s’opposer … Ils reprennent les formules les plus basses, accusant le pouvoir socialiste de dérive droitière. Cette opposition n’a rien de constructif, elle sert surtout, en affaiblissant le gouvernement de gauche, les intérêts de la droite et de l’extrême droite. Elle peut aider à l’arrivée d’une vague libérale et nationaliste. On ne sera plus alors dans le compromis mais dans des choix radicaux qui remettront en cause les fondements de notre République sociale.

Cette alliance de la carpe et du lapin n'est pas l'avenir de la gauche !

Philippe Allard

Rédigé par Philippe Allard

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Andreo 16/05/2016 11:11

C'est dès le début de son élection que M. Hollande aurait du signaler la dette laissée par Sarkozy et ses fidèles. 600 milliards ce n'est pas rien. Mais pourquoi avoir attendu avant de l'annoncer aux Français qui croyaient à ce mec ? Il est évident que la situation actuelle est la suite logique du quinquennat de "l'artiste" de droite. Et ça il faut le dire, le crier, le souligner, le "gueuler" !!!!

ROUSSILHE Olivier 15/05/2016 10:13

Excellent! comme toujours ! merci