Manuel Valls pour un deuxième tour !

Publié le 19 Décembre 2016

Les Primaires de la gauche sont lancées ... ils seront finalement sept candidats pour porter le débat à gauche dont 4 socialistes et 3 représentants de partis de gauche.

Reste maintenant à mobiliser l'électorat et cela ne va pas être si simple que cela.

D'abord le temps presse, les élections auront lieu les 22 et 29 janvier, avec les fêtes de fin d'année, la campagne sera donc très courte.

Ensuite, à l'exception de l'ancien Premier ministre Manuel Valls, les candidatures manquent d'envergure, elles représentent le plus souvent qu’une tendance minoritaire de la gauche, ce sont des candidatures d'opinion. Elles ne sont pas à négliger, elles sont importantes pour permettre le débat du premier tour, mais elles ne sont pas à la dimension de l’enjeu des présidentielles.

La Primaire de la droite offrait trois candidatures de deuxième tour avec trois orientations bien définies : une droite autoritaire de type bonapartiste, une droite plus modérée et une droite libérale. C’est le dernier choix qui l’a emporté avec François Fillon. L’homme a su séduire cette droite des Primaires qui revendique son tournant libéral inspiré du thatchérisme … Mais la France par contre ne semble pas séduite par cette orientation.

Reste à la gauche, majoritaire dans le cœur des Françaises et des Français, à convaincre en portant à la Présidentielle un candidat à la hauteur de l’enjeu du deuxième tour. Sur les quatre candidatures socialistes trois peuvent être davantage considérées comme des candidatures de premier tour :

Arnaud Montebourg défend un protectionnisme de gauche contre une mondialisation destructrice. Un programme encore inachevé mais une personnalité médiatique pour porter cette idée.

Benoît Hamon représente la ligne la plus à gauche du PS avec un virage contre la croissance et un attachement au programme social avec l’idée notamment d’un revenu universel d’existence, toutefois pas sérieusement financé.

Vincent Peillon, arrivé tardivement dans la campagne, sans réelle préparation, semble davantage un candidat « contre » … offrant, entre nous, peu d’intérêt.

 

Manuel Valls ancien Premier ministre, apporte l’expérience d’un chef de gouvernement. Il a montré dans l’exercice difficile du pouvoir son sens de l’Etat et du devoir, son autorité, son volontarisme. Ce sont des atouts indispensables, ce n’est pas facile de gouverner mais sa fidélité et son engagement aux côtés de François Hollande en font une personnalité de premier plan.

Reste pour lui maintenant à dépasser le simple bilan d’un gouvernement. S’il ne s’agit pas de le renier, le bilan de l’action passée ne suffit pas. Il faut porter un projet d’avenir, sans doute moins borné dans des engagements de réformes ficelées d’avance, pour être davantage tourné dans la capacité à fixer l’horizon de la France : une France intégrée dans la mondialisation mais porteuse d’un idéal de démocratie, de justice, de progrès pour tous.

La modernité ce n’est surtout pas le thatchérisme mais c’est ce que la gauche peut porter avec la transition énergétique, la révolution numérique, la société du partage et de la fraternité, le dialogue des peuples, la culture.

 

Si la gauche, avec Manuel Valls, est capable de sortir de ses vieilles querelles pour parler à la France de son projet, alors la Gauche a toutes ses chances.

Manuel Valls a les capacités pour se hisser au niveau de ces grandes voix de la gauche dans notre histoire et redonner ainsi espoir à la France. Notre intérêt, celui de la gauche et de la France, ce n'est pas de l'affaiblir mais de l'enrichir avec toutes les forces de la gauche. C’est dans ce sens qu’il convient de le soutenir.

 

Philippe Allard

Rédigé par Philippe Allard

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BAILLERGEAU 19/12/2016 19:25

Le jet d'éponge de François HOLLANDE, provoqué de longue date par les Frondeurs, me conduit à reporter, sans hésitation, mon soutien sur Manuel VALLS dont la vision du socialisme du XXI° siècle me convient. Comme je pense que le PS sortira brisé des élections à venir, un pacte avec En Marche évitera peut être qu' à la Présidentielle 2017, les droites dures ou folles ne s'emparent du pays et de l'Europe.