Emmanuel Macron le recours ?

Publié le 2 Mars 2017

J'appartiens à ces citoyens engagés en politique. J'ai adhéré au Parti Socialiste, il y a une quinzaine d'années, pour un socialisme réformiste.
Je considère qu'une société doit être solidaire, avec des règles pour empêcher l'exploitation humaine, pour assurer au contraire la dignité à chacune et à chacun, et le droit à l'éducation pour tous.
Je suis pour une économie régulée sans remettre en cause la liberté d'entreprendre et l'initiative individuelle. L'entreprise n'est pas mon ennemie, elle fait vivre des millions de salariés.
Je suis progressiste, je veux que les lois n'entravent pas la liberté, mais qu'elles puissent évoluer avec la société. Je refuse donc cet esprit réactionnaire qui voudrait empêcher par la loi les évolutions des mœurs.
Je suis écologiste en pensant aux futures générations et pour sauvegarder notre environnement.
Je n'ai pas adhéré à un parti politique pour défendre le parti en lui même ou pour espérer une place, mais pour défendre simplement les idées auxquelles je suis attachées. Je suis un citoyen libre et engagé.
 
Or je constate, avec le système mondialisé actuel, qu'il est de plus en plus difficile de constituer une majorité à gauche solide pour gouverner dans la durée.
Lionel Jospin après cinq ans de gouvernement a été écarté dès le premier tour de l'élection présidentielle, pourtant son bilan était largement positif.
François Hollande a subi pendant cinq ans des attaques virulantes de la part d'une partie de sa majorité parce qu'il voulait aider les entreprises et sortir du chômage de masse.
Le socialisme réformiste a beaucoup de mal en fait à gouverner, car lorsqu'il est au pouvoir c'est avec les voix d'une gauche plus radicale, au sein même du parti socialiste et chez ses alliés, qui recherche à aller plus loin dans la lutte contre le capitalisme en prenant le risque d'une rupture, donc d'une instabilité et d'une crise profonde de l'économie française.
C'est une gauche utile lorsqu'elle dénonce certains abus. Mais c'est une gauche en marge du pouvoir.
 
La victoire de Benoît Hamon lors de la primaire de la Belle Alliance en fait aujourd'hui le candidat de mon parti.
J'ai cru dans un premier temps qu'il aurait l'audace et l'intelligence de briser la chaîne avec son courant pour se mettre à la hauteur de l'enjeu et penser à la France. Mais très vite, la volonté de trouver un accord d'appareil avec Jean-Luc Mélenchon, et certaines propositions complètement irrélistes, notamment de proposer de relancer l'endettement de la France ou de remettre en cause la dette, ont montré son incapacité à prendre la hauteur nécessaire pour une campagne présidentielle.
Benoît Hamon n'est pas le candidat du socialisme réformiste parce qu'il a décidé d'une autre campagne, visant davantage sans doute à conquérir Solférino. L'appareil du Parti Socialiste continue à le soutenir, beaucoup d'élus y sont contraints, mais beaucoup de synpathisans socialistes ne peuvent pas suivre.
 
Alors quel candidat ? Emmanuel Macron peut-il être un recours ?
Il a su créer une dynamique capable de barrer la route à l'extrême droite. La présentation de son programme présidentiel en fait un candidat crédible. Beaucoup de ses propositions de transformation sont intéressantes et méritent d'être soutenues.
Emmanuel Macron apparaît bien comme un recours de plus en plus sérieux pour assurer un gouvernement progressiste à la France sans s'appuyer sur une aile radicale, mais sur une majorité large. Il est ainsi, plus libre pour mener cette transformation et permettre à la France de répondre aux enjeux de notre monde dans une Europe renouvelée.
Il peut nous permettre de sortir de querelles caricaturales, de postures, pour regarder d'abord ce qui est nécessaire à faire.
Un Président de la République de 39 ans, c'est un renouvellement considérable.
Emmanuel Macron est peut être plus qu'un recours dans cette période de trouble à droite et à gauche, c'est une évidence qui s'impose pour gouverner aujourd'hui la France.
 
Philippe Allard

Rédigé par Philippe Allard

Repost 0
Commenter cet article