Hollande : le dernier Président socialiste ?

Publié le 20 Mars 2017

L’élection de 2012 fut une belle victoire pour le socialiste François Hollande, avec le rassemblement de toute la famille socialiste et des partis de gauche. Après cinq années de Nicolas Sarkozy, il incarnait cette volonté de changement.

 

Mais, la confrontation des socialistes à l’exercice du pouvoir va entraîner rapidement des questionnements, des incompréhensions, des tensions, et finalement des divisions.

Les socialistes en France sont en effet toujours tiraillés entre deux volontés : celle de changer la société contre le système capitaliste et celle de gouverner pour ne pas rester un parti de contestation.

Déjà, en mai 1936, avec le Front populaire, Léon Blum déclarait au Conseil national : « nous agirons à l’intérieur du régime actuel, de ce même régime dont nous avons montré les contradictions et les iniquités au cours de notre campagne électorale. C’est cela l’objet de notre expérience »

François Hollande, en prenant la Présidence de la République, avait la volonté de s’attaquer en priorité à l’un des fléaux de notre monde moderne : le chômage de masse. Or la situation qu’il trouve en arrivant à l’Elysée est mauvaise. Les plans sociaux se succèdent. Le chômage risque encore de s’aggraver. Dans ce contexte, le socialiste va décider de prendre les mesures pour sauver l’appareil économique français, en aidant les entreprises à retrouver des marges.

Débute alors la terrible guerre des gauches … les partis plus extrêmes, une nouvelle fois, voient le socialiste qui gouverne comme un traitre à la solde du monde de l’argent. Mais cette guerre des gauches ne s’arrête pas là. Au sein du Parti Socialiste, « l’aile gauche » se lance dans une attaque virulente : c’est la fronde.

Le choix économique de François Hollande était difficile mais nécessaire, il fallait convaincre. Mais au lieu d’être soutenu, il va être fragilisé par une partie de sa propre famille politique dans une guerre interne suicidaire.

 

De cet exercice du pouvoir, les socialistes ressortent plus que jamais divisés et affaiblis.

Le candidat socialiste pour l’élection présidentielle, Benoît Hamon, appartient justement à cette aile gauche des frondeurs qui a refusé d’assumer la réalité de l’exercice du pouvoir dans un système mondialisé. Les solutions qu’il propose dans cette campagne s’avèrent peu crédibles. La question du chômage n’est pas traitée directement. Il s’agit plutôt de revenir à une utopie. Il ne réussit pas à unir les socialistes sur son programme, ni les partis de gauche d’ailleurs. Les sondages d’opinion sont au plus bas. François Hollande n’est-il pas le dernier Président de la République socialiste ?

Si l’exercice du pouvoir dans une économie ouverte se solde finalement à chaque fois par une division entre réalistes et utopistes, est-ce vraiment possible de continuer ainsi ?

 

Ne faut-il pas constituer une force politique nouvelle de rassemblement sur la volonté claire d’assumer la réalité du pouvoir dans le système mondial avec toujours chevillé au corps l’engagement en faveur de la justice, de l’égalité des droits et des chances ?

C’est la voie choisie aujourd’hui par Emmanuel Macron qui a compris qu’on ne pourrait rien construire avec un parti aussi divisé, en tout cas pas une force de gouvernement. Pour bâtir cette nouvelle force, il a engagé la création d’un nouveau mouvement politique avec la détermination de renouvellement : En Marche.

 

Philippe Allard

Rédigé par Philippe Allard

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