De Macron au Socialisme ?

Publié le 17 Octobre 2017

L’électorat socialiste a voté, en grande partie, pour Emmanuel Macron en 2017. Il faut dire qu’il n’y avait pas de candidat socialiste crédible après le renoncement de François Hollande du fait des destructeurs du P.S (le terme convient mieux que celui de frondeur). Il fallait aussi soutenir le candidat le mieux à même de faire barrage à l’ascension de Marine Le Pen. Sur ce point, Emmanuel Macron a sans conteste réussi.

Maintenant, la politique menée par Emmanuel Macron peut faire grincer les dents des socialistes. Certes, sa volonté de maintenir la France dans le système européen et mondial, est louable contre les populismes. Mais dans l’expression et dans sa politique économique, les socialistes n’y trouvent pas leur compte. On est dans une vision très libérale de la société, basée sur une réussite individuelle par l’argent, pour un système capitaliste d’investissement et d’enrichissement, pour une valorisation extrême du travail comme seul moyen d’émancipation.

Le socialisme a longtemps cherché sa voie pour sortir d’un système capitaliste par « la propriété commune ». Des formes coopératives aux nationalisations totales, les réalisations se sont souvent révélées imparfaites et même parfois désastreuses lorsqu’elles ont conduit à la dictature.

Et pourtant le socialisme a apporté beaucoup à notre société. Il a défendu la redistribution par l’impôt. Il a œuvré pour la législation sociale. Il a fait avancer la société contre des visions réactionnaires. Il a défendu le droit au temps libre, aux congés payés, à la culture pour tous.

Le socialisme ne peut plus être considéré comme un anticapitalisme, mais comme une idéologie promouvant une société progressiste, solidaire, respectueuse de l’environnement, ouverte à la culture et au droit au non-travail, « à la paresse » comme autre moyen d’émancipation.  

Ce socialisme réformiste a bien été une chance pour faire avancer notre pays dans la voie du progrès.

C’est ce socialisme qu’il convient de faire renaître. Bien éloigné des folies d’un Mélenchon, il ne s’agit pas de proposer le grand soir dans une bataille contre le capitalisme. Il s’agit plutôt de promouvoir un socialisme capable de gouverner dans un monde réel, tout en gardant à l’esprit cette volonté de progrès, de justice, d’Humanité.

Philippe Allard

Rédigé par Philippe Allard

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