Quelle voie pour le Parti Socialiste ?

Publié le 3 Octobre 2017

Le Parti Socialiste, dans cette phase de refondation, fait-il bien d’utiliser le terme d’opposant, se plaçant ainsi dans la ligne de Mélenchon, le Pen et de la droite conservatrice ? Est-ce bien la place d’un parti de gouvernement de concourir avec des partis extrêmes pour se donner le titre de premier opposant ? Pouvons-nous éviter de jouer cette farce de l’opposant gentilhomme ?

Et après tout, est-ce bien utile de se définir « en fonction de » ?

Ne serait-ce-t-il pas plus intelligent de se présenter simplement comme une force de gouvernement au service du pays, ni dans une opposition, ni dans un soutien, mais dans un travail de proposition ? Assumons clairement, dignement ce que nous sommes, ce que nous pouvons apporter au pays, ce que nous pensons qu’il convient de faire, comment il faut gouverner.

En ce sens, le choix de mettre sur la table, dans le débat démocratique, un budget crédible et alternatif me semble une excellente orientation. Bravo pour cette initiative !

Ne perdons pas notre temps dans des oppositions artificielles. Sachons prendre de la hauteur, en expliquant par le sérieux des propositions, qu’il peut y avoir d’autres choix crédibles possibles.

Prenons aussi de l’avance, par un travail de fond, pour faire des propositions innovantes préparant l’avenir et faisant avancer la société.

La question d’un positionnement politique, dans le contexte actuel, avec un Président qui a réussi à réunir des forces jusqu’ici opposées, dont beaucoup de socialistes, n’est pas la bonne question.

Il est nécessaire de reconstituer une force politique de gauche crédible pour gouverner le pays. C’est une nécessité car il ne peut y avoir d’alternance possible dans les extrêmes. Aussi, inutile d’entrer à nouveau dans des oppositions systématiques caricaturales dont les électrices et les électeurs ne croient plus.

Rien ne sert de courir après un titre d’opposant, il faut partir à point avec constance pour atteindre notre but. N’oublions pas qui nous sommes … les héritiers de François Mitterrand, soyons aussi un peu stratège … Et si d’aventure, demain, nous avons besoin d’un soutien pour gouverner, nous n’aurons pas à crier famine. Que cela soit dit, l’avenir de la gauche n’est pas dans le soutien d’une force devenue bien trop extrême, soit-elle de gauche. L’avenir de la gauche c’est de gouverner pour assurer justice et progrès.  

Philippe Allard

Rédigé par Philippe Allard

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