Publié le 30 Novembre 2014

10649533_10204107455794350_3085556442719616222_n.jpgLe collectif militant socialiste réunit des camarades de toutes les sensibilités du PS pour porter réellement le débat des idées et sortir des postures.


Mercredi 26 novembre, le Collectif a invité Dominique Bertinotti et Gaëtan Gorce à venir débattre et échanger avec les militantes, venues nombreuses, et les militants sur le thème de l’avenir du Parti Socialiste.


De cet échange, je retiendrai plusieurs idées importantes qui peuvent faire avancer notre Parti :

1 – Le Parti Socialiste ne prépare pas suffisamment à l’exercice du pouvoir car il ne porte plus aujourd’hui un projet clair de société.
On se limite à une vision comptable, ce qui nuit à la compréhension de l’opposition idéologique gauche/droite.  Certes la question économique est essentielle, mais il faut être capable d’aller plus loin pour porter un projet d’avenir.
•    François Mitterrand avait une analyse globale de la société, avec la culture comme élément fort.
•    Plus récemment, la campagne de 2007, portée par Ségolène Royal, avait permis de réfléchir sur de nouvelles thématiques avec un volontarisme plus affirmé dans une démocratie participative.
Mais depuis, le Parti semble en panne et cantonné à des postures, quelle frilosité ! On finit par être honteux d’être de gauche… Est-on encore capable de porter des idées de gauche pour faire avancer la société ?

2 – Pourtant les évolutions du capitalisme et de la mondialisation redonnent toute sa pertinence au socialisme.
Le capitalisme se trouve aujourd’hui confronté à deux failles avec l’instabilité marquée par de fortes crises financières et une exploitation des ressources naturelles qui peut remettre en cause l’avenir même de la planète. Ce n’est plus un capitalisme assurant un relatif progrès social mais un capitalisme prédateur délocalisant pour mieux exploiter les populations vulnérables du sud afin de réaliser plus de profit.
Après la période de la défaite idéologique et du rejet de l’Etat dans le contexte de l’écroulement du système communiste, les menaces du capitalisme redonnent toute sa place au rôle de l’Etat.
La demande de régulation par les Etats redevient importante. La question nationale est reposée qu’exploitent les populismes et partis d’extrême-droite. L’espace européen apparaît aussi plus que jamais l’espace pertinent face aux puissants Etats, mais il est en panne. 
Quelle est la place de l’Etat dans ce nouveau monde, alors que la mondialisation laisse place à la constitution de puissants Etats qui entendent imposer leur voix ? Quelle redéfinition du rôle de l’Etat alors que se posent de réels problèmes de financement ?

3- La Parti Socialiste doit sortir des batailles d'appareil pour répondre aux enjeux du monde.
Le fonctionnement du Parti conduit à un jeu d’appareil. Il s’agit de prendre des places. Les militantes et les militants désertent ces batailles de courants, qui ne sont plus des courants d’idées mais des groupes d’alliances pour des stratégies de conquête du pouvoir, laissant place à un professionnalisme. Les conseillers font leur carrière et le débat des idées se meurt.
Lorsque le débat ressurgit, il s’agit de s’opposer sur des projets non renouvelables. On reste dans un vieux schéma hors sol qui perdure et se prolonge oubliant le temps et s’éloignant de l’évolution du monde et des préoccupations réelles de la société.
Au langage marxiste des uns, maintenant une lutte des classes contre un capitalisme encore vu nationalement, et les partisans d’un arrangement avec ce même capitalisme, le socialisme nostalgique perdure mais n’apporte aucune réponse réelle au monde actuel. Ce qui aboutit finalement à l’impréparation pour gouverner.



Il est donc nécessaire de construire une troisième voie. Entre un socialisme tourné sur les schémas du passé et un socialisme insuffisamment volontariste pour permettre le changement nécessaire, il existe la place pour un socialisme conscient des réalités et volontaire pour permettre le changement pour un monde plus humain.

 

Philippe Allard

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Rédigé par Philippe Allard

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Publié le 6 Novembre 2014

2014-05-26T084108Z_1635750058_GM1EA5Q1A9D01_RTRMADP_3_EU-EL.JPGPour la quatrième fois sous la Vè République, le Parti socialiste gouverne la France. Nous avons connu cela sous la Présidence de François Mitterrand par deux fois, mais avec des défaites aux législatives. Puis les socialistes, sous la Présidence de Jacques Chirac ont gouverné une troisième fois avec Lionel Jospin dans le cadre d’une cohabitation.
Le Parti socialiste est le parti de gouvernement de la gauche, mais le fonctionnement du parti nous prépare-t-il suffisamment à gouverner ?
Notre fonctionnement se nourrit des batailles de Congrès, où il faut diviser pour se compter. Ce fonctionnement cadre-t-il sérieusement avec  l’exercice du pouvoir ?
Il nous faut revoir notre fonctionnement et travailler pour la France.

Le Parti socialiste doit devenir un réel parti de gouvernement, c’est nécessaire pour donner à la parole politique sa cohérence et sa force.
Il ne s’agit pas de se battre sur des positionnements internes mais de préparer l’action gouvernementale dans tous les domaines. Les batailles entre courants sont notre faiblesse. La situation actuelle en révèle l’ampleur. Les querelles actuelles seront les larmes de demain.
Mettons-nous au travail pour répondre aux enjeux contemporains sans renier nos valeurs communes.
Nous avons beaucoup à faire pour enrichir le travail réalisé par le gouvernement et préparer l’avenir.

Beaucoup d’actions sont menées par l’équipe socialiste au pouvoir dans un contexte difficile. Nicolas Sarkozy a laissé une lourde ardoise et l’appareil productif français doit être soutenu.
Comme hier la révolution industrielle a transformé les sociétés, la mondialisation actuelle bouleverse le monde. Des villes gigantesques se constituent, de puissantes sociétés jaillissent, les peuples sont mis en concurrence, les informations circulent, les populations se déplacent, l’argent roi n’a plus de frontières.
Dans ce monde en transformation, les socialistes dirigent l’Etat. Les recettes, les discours, les positionnements d’hier, tout est remis en question. Reste toutefois nos valeurs à défendre pour un monde plus humain et plus juste. 

Nous avons cette force, la force de notre engagement. Alors au travail !

 

Philippe Allard

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Rédigé par Philippe Allard

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