Publié le 30 Octobre 2016

Je l’ai lu ! Il est tout de même préférable de commenter un livre après l’avoir lu … Que n’ai-je entendu sur ce livre ? Combien de commentaires repris avec la simple volonté de dire du mal, de détruire, d’éliminer …  Quelle facilité, tout est bon, on n’a peur de rien dans cette basse manœuvre et allons-y dans les expressions sorties de leur contexte pour les jeter en pâture au peuple … certains s’en délectent … une cabale bien orchestrée dont beaucoup vont s’engouffrer.  Tout cela me semblait trop bien huilé, on sentait venir la forfaiture … je ne m’étais pas trompé.

 

Pas de complaisance dans ce livre retraçant les cinq années de la présidence de François Hollande. Des commentaires parfois acides, mais en se dégageant de cela on découvre un homme qui a occupé la plus haute fonction de l’Etat et les combats qu’il a menés.

 

Ce livre laissera en tout cas une marque dans l’histoire de l’exercice du pouvoir. Ce livre apparaît en effet comme un manifeste pour la transparence démocratique. Le dirigeant d’un pays démocratique doit rendre des comptes des actions menées. Etre progressiste c’est aussi vouloir faire avancer notre démocratie dans une vision plus participative, dans laquelle le citoyen est réellement informé pour se faire son propre jugement. Nous sommes dans une autre époque, nous savons que les secrets du pouvoir conduisent toujours à des abus et les idéologies ne font plus rêver. Le citoyen doit avoir ce droit de comprendre les décisions prises en son nom. En ce temps de la croissance des populismes où la raison s’efface sur la peur, sur la haine de l’autre, sur la recherche d’un chef charismatique, cet acte pour la démocratie mérite au combien d’être soutenu.

 

Durant près de cinq années, les deux journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme ont obtenu des entretiens réguliers avec le Président de la République pour suivre François Hollande dans l’exercice de son pouvoir. Le Président accepte de se confier, il ne relira pas le livre avant sa publication.

 

On y découvre d’abord un homme profondément humain.

« Je considère que la politique, de mon point de vue, c’est de faire confiance aux êtres humains pour qu’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes ». Faire confiance aux Hommes c’est d’abord ce qui ressort de ce livre et qui rend cet homme profondément humain. Il ne s’agit pas de vouloir tout diriger mais de donner des responsabilités. Ce n’est pas toujours le plus facile. Il y a eu des déceptions et même des trahisons. Mais l’homme sait reconnaître les qualités de chacun et les limites aussi. S’il y a erreur, il faut rechercher à comprendre et il y a toujours ces phrases pour dire « elle a de bons aspects » ou encore « cela ne part pas de mauvaises intentions ».  Un humaniste avec ce côté rabelaisien dans l’humour et le coup de fourchette, pour la présidence de la République, ça change et ce n’est pas si mal.

 

On ressent clairement cette recherche d’une présidence exemplaire.

C’est le sens de cette expression « normale » pour sortir des « excès » et des « outrances » dans l’exercice du pouvoir. L’homme n’est pas attiré par la richesse, « le clinquant très peu pour lui », il a ce sens de l’Etat et donc du devoir. Il veut l’indépendance de la justice et il l’imposera lui qui n’a pas d’affaires sur le dos. Pour celles et ceux, qui dans son entourage, ne respecteront pas le droit, la justice passera implacable. Les affaires témoignent de cette volonté. Une présidence exemplaire sans mise en scène de sa vie privée, « l’exhibitionnisme le dégoûte ».  Mais il sera pourchassé dans sa vie intime, on est dans une autre époque, les adversaires sont coriaces et prêts à tout, jusqu’à publier des photos volées, « une souffrance » pour cet homme d’Etat.

 

On suit surtout les combats menés pour son pays.

La France va mal, le diagnostic lorsqu’il prend la direction de l’Etat est très mauvais. Il va falloir redresser le pays avec cette volonté de lutter contre le chômage. La France est endettée, l’Etat doit compter sur les entreprises pour embaucher sans remettre en cause notre protection sociale. C’est dans ce sens qu’il va agir. Des aides seront données aux entreprises, mais pas de remise en cause des acquis sociaux. S’il doit y avoir de la souplesse, cela doit se faire avec l’accord des syndicats, c’est la loi travail. On est bien loin d’une politique de droite contrairement à ce que voudront faire croire les frondeurs et autres accusateurs. La politique économique mais aussi la politique de sécurité va s’imposer dans un contexte de guerre. La France n’est pas un pays comme les autres par sa dimension internationale. Elle agit pour un monde plus juste et en paix. La France est attaquée pour ce qu’elle représente. Ses enfants sont tués sauvagement, François Hollande va rechercher à unir la nation pour défendre « une certaine idée de la France ». Mais d’autres préoccupations agitent le petit monde politique …

 

Après la lecture de ces 662 pages pour témoigner d’un exercice du pouvoir, dans un moment difficile de notre histoire commune, on comprend mieux la distance entre l’action menée d’un côté et le sentiment ressenti par la population de l’autre. Pris dans les décisions au quotidien, trop pudique pour se mettre en scène, assailli par les attaques venues de toute part, François Hollande a manqué des soutiens nécessaires pour défendre son action. L’individualisme, les batailles personnelles l’ont emporté trop souvent sur le sens de l’Etat.

 

Faut-il alors abandonner le combat et laisser la droite remettre en cause notre modèle social ? Faut-il encore laisser les populismes l’emporter ? Les voix sont fortes pour porter des discours sans lendemain …

Ce sens de l’humain, de la raison, cette idée de la France ne méritent-ils pas de continuer le combat à gauche ?

 

Trop de forces voudraient nous contraindre à abandonner … mais il ne faut pas … il ne faut pas céder.

François Hollande en 2017, ce n’est pas l’aventure d’un homme, c’est le combat pour une certaine idée de la France : humaine, ouverte au monde et généreuse.

 

Ce combat est tellement important, nous en avons besoin !

 

Philippe Allard

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Rédigé par Philippe Allard

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Publié le 17 Octobre 2016

La gauche ce n’est pas laisser la droite gouverner !
La gauche ce n’est pas se contenter d’incantations, de belles phrases, d’envolées lyriques au contenu idéologique. 
La gauche … certains la proclament du haut de leur estrade, au chaud sous les projecteurs, ou encore bien installés dans les studios des médias … et puis d’autres la font !
La gauche c’est en effet prendre le risque de gouverner, sortir des discours et agir avec les réalités d’un monde contemporain. 
Oui ce n’est pas simple, ça ne fait pas « gauche » de présider avec des entreprises, avec des marchés, avec des banques, avec des intérêts … c’est tellement plus simple de faire le fanfaron et de prôner le Grand Soir… 
 

Cinq années de Présidence à gauche, cinq années de combat pour porter notre idéal de justice. Et les avancées sont là ! 
Les détracteurs ont beau dire … le modèle social français a résisté !
Mieux encore des avancées nouvelles ont été réalisées ! La France peut être fière, non d’une identité fictive, raciale, mais de son modèle social.  C’est notre identité ! 
Dans ce monde du marché, la France résiste pour porter son idéal de justice sociale. C’est cette France que j’aime et que je veux mettre en avant ! Cette France du progrès, cette France de la fraternité. 
La Primaire de la droite révèle combien cette résistance peut être balayée demain par une vague libérale réactionnaire. Juppé, Sarkozy et toute la série sont prêts … Ils sont prêts surtout à liquider notre modèle social qui fait l’identité républicaine chèrement acquise par les luttes de générations de femmes et d’hommes.
Alors il faudrait se contenter d’aller voter pour observer le candidat de la droite ou même pire la candidate de l’extrême droite venir tout saccager ! Car oui, ils sont prêts les casseurs ! Ils sont prêts pour éliminer la gauche, détruire notre modèle et ranger la France dans le moule d’un marché sans règles. 


Camarade, si ce joli nom a encore un sens, laissons les dénigreurs à leurs discours, à leurs incantations, nous avons un combat bien plus important à mener ! 
La France parle au monde, ne laissons pas ceux qui prônent l’identité du marché ou de la race prendre ses commandes. Ce serait la fin d’un espoir, l’espoir d’un monde meilleur, si la France demain associait sa voix aux partisans du tout marché, aux réactionnaires et aux nationalistes.
Une Présidence … une présidence pour porter notre idéal républicain de justice.  
Une Présidence pour gouverner en gardant toujours à l’esprit ce rêve d’égalité. 
Ce Président de gauche, nous l’avons … il est aux commandes lui ! Il gouverne lui ! Il agit ! 
Alors quelle folle idée de vouloir en changer !

Philippe Allard
 

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Rédigé par Philippe Allard

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