Publié le 5 Janvier 2017

L’élection présidentielle serait déjà faite, avec un deuxième tour entre François Fillon et Marine Le Pen, entre la droite réactionnaire et la droite extrême. La gauche socialiste serait disqualifiée avec les nombreuses candidatures annoncées. Il faudrait donc se résoudre à abandonner la France à un libéralisme sauvage, au traditionalisme et même peut-être au nationalisme xénophobe. Quelle triste perspective !

Mais la démocratie se laisse-t-elle dicter ses choix ?

Non jamais ! Nous avons la capacité par notre vote de changer un ordre que l’on voudrait nous imposer.

En tout cas nous devons tout mettre en œuvre pour rendre le destin annoncé caduc. Pour reprendre l’expression de Manuel Valls, « rien n’est écrit » !

Pour celles et ceux, pour cette grande majorité de socialistes, les premiers sondages de l’opinion, qui certes ne donnent qu’une tendance, peuvent nous permettre d’espérer.

Selon un sondage Harris Interactive pour France Télévisions publié jeudi 5 janvier, Manuel Valls recueillerait 43% des voix au premier tour.

L’enjeu en effet de ces primaires pour les socialistes, pour toutes celles et ceux qui sont attachés à notre modèle social, à notre société enviée dans le monde, c’est de créer la dynamique pour permettre à Manuel Valls de prendre les forces nécessaires, en s’appuyant sur le vote du peuple, pour se lancer dans la campagne des présidentielles. Quels seront alors le poids et la légitimité des autres candidats de gauche face à un candidat socialiste élu sur un large vote populaire ?

Manuel Valls a beaucoup d’atouts.

De longues années, maire de banlieue, à Evry, il connaît la réalité des problèmes des classes populaires. Ce n’est pas un candidat d’une élite, avec un discours formaté par les grandes écoles. Il sait s’adresser au peuple pour répondre à ses problèmes avec d’abord la nécessité de lutter contre le chômage, la baisse du pouvoir d’achat, les différentes formes d’insécurité.

Chef de gouvernement, il connaît l’importance du dialogue mais il sait aussi qu’il faut savoir prendre une décision pour le bien du pays. Il a montré sa détermination et son autorité face à des minorités agissantes pour imposer la loi. C’est un homme d’Etat qui sait gouverner dans des conditions parfois particulièrement dramatiques comme notre pays a pu le connaître.

Socialiste de toujours, il a cette préoccupation sociale au cœur de son engagement. Tout son programme transpire de cette fibre socialiste pour une société plus humaine, pour la fraternité. Il sait l’importance de donner aux jeunes leur chance. Il défendra les services de l’Etat pour assurer l’égalité des territoires. On peut lui faire confiance pour réformer avec justice.

Premier ministre, il a suivi les dossiers internationaux. Il connaît la dureté d’une mondialisation qui ne fait pas de cadeau à nos entreprises. Mais il sait aussi qu’il faut rester dans ce monde en luttant pour le rendre moins sauvage. L’Europe, par ses dimensions, peut offrir les moyens de se protéger si elle s’en donne les moyens.

Manuel Valls c’est tout simplement un socialisme qui assume de gouverner pour ne pas rester dans un idéal de salon, de congrès, de beaux discours enflammés.

Il nous faut convaincre. C’est notre bataille, la bataille des socialistes et de tous les humanistes pour donner à la France une République forte dans ses valeurs pour la liberté, pour l’égalité, pour la laïcité, pour une France juste qui a ce sens de la fraternité.

Manuel Valls c’est un espoir.

Philippe Allard

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Rédigé par Philippe Allard

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Publié le 4 Janvier 2017

Le temps du débat va être très court d’ici le premier tour des Primaires de gauche, le dimanche 22 janvier …

Pour cette Primaire quatre candidats socialistes se présentent … ils ont tous les quatre appartenu aux gouvernements de François Hollande, des ministres et un Premier ministre pour Manuel Valls.

Passons rapidement au crible ces quatre candidatures dans l’ordre alphabétique

Benoît Hamon est le candidat de l’aile déclarée « la plus à gauche » du Parti socialiste. Il représente une partie des frondeurs avec celles et ceux qui ont mené une opposition systématique durant la présidence de François Hollande. Cette gauche montre le plus souvent beaucoup de sectarisme et de conservatisme dans sa vision politique, ils se présentent avant tout comme les orthodoxes de la pensée de gauche. Il fut ministre de l’Education nationale du gouvernement de Manuel Valls pour une durée de 147 jours. Benoît Hamon tente aujourd’hui de porter dans cette campagne l’idée d’un revenu universel. On ne peut plus penser à la croissance pour le plein emploi selon lui donc il faut verser à tous un revenu d’existence … même pour les plus riches. Ils rendront cet argent que leur donne la société en payant un peu plus d’impôts. C’est un peu alambiqué, on ne sait pas trop comment financer tout ça … en somme ça sert surtout à faire parler mais pourquoi pas pour le débat des idées. Il peut plaire à une frange bobo de l’électorat socialiste.

Arnaud Montebourg est un peu plus complexe à cerner … on l’attendait lors de la dernière primaire, après son beau résultat, venir se ranger dernière Martine Aubry mais il a fait le choix de soutenir François Hollande. Il devint son ministre. S’aventurant dans l’idée de la démondialisation, il se veut le promoteur du « made in France ». Il quittera ses fonctions au gouvernement en 2014 et il entre dans une école de commerce avant d’être nommé vice-président du conseil de surveillance de la chaîne d’ameublement Habitat. Il déclare vouloir mettre fin à sa vie politique professionnelle, mais revient vite dans la course. [Dans cette campagne, on trouve à ses côtés des frondeurs notoires comme Christian Paul ou Laurent Baumel. A l’opposé de Benoît Hamon, il veut réindustrialiser la France et donne toute importance au travail. Sous sa forme de grand bourgeois, il représente sans doute d’abord un parcours personnel, peut-être a-t-il souffert d’un manque de considération car il a une grande estime de lui-même, mais il sait séduire.

Vincent Peillon, c’est la candidature surprise de dernière minute. Il a fait ce choix après le renoncement de François Hollande, poussé ou volontairement, chacun a son idée … Il n’arrivait visiblement plus à dormir selon ses déclarations. Sa candidature pourrait éviter de donner trop de voix à Manuel Valls au premier tour … une candidature donc improvisée de contournement … Il aurait fait un peu de « tourisme » politique, de la Somme, il est élu député européen dans le Sud-Est. Le site d'information Rue89 en fait un « champion de l’absentéisme » au Parlement européen. Soutenant François Hollande lors de la dernière campagne présidentielle, il fut son ministre de l’Education nationale. Il se lance dans une réforme des rythmes scolaires qui soulève de nombreuses interrogations. Dans cette campagne, il a réussi rapidement a rédigé un programme et se voit dans la peau d’un nouvel hussard de la République contre l’extrême droite mais se prend les pieds dans le tapis avec une comparaison douteuse entre le régime de Vichy et la situation des musulmans aujourd’hui. La polémique lui permet d’obtenir une petite notoriété dont il ne disposait pas jusqu’ici, on peut toutefois s’interroger sur son réel poids politique dans le pays, au-delà de la Primaire.

Manuel Valls fut ministre de l’intérieur puis Premier ministre de François Hollande. Il représente au sein du parti socialiste une voie plus réformiste. Il a surtout dirigé une ville de banlieue, comme Maire d’Evry, de 2001 à 2012, il connaît ainsi plus sérieusement que d’autres la question des quartiers populaires. L’aile gauche du PS voudrait le faire apparaître comme un homme dur, autoritaire. Mais dans l’exercice de ses fonctions, il s’est montré ouvert au dialogue, ayant recours au 49.3 pour sortir de l’obstruction d’une petite minorité de frondeurs. Un homme donc qui n’a pas peur de gouverner, il représente ainsi dans cette campagne la gauche de gouvernement. N’appartenant pas à une gauche « caviar », il ouvre sur un socialisme plus proche des préoccupations du peuple : l’emploi, la sécurité, la réussite scolaire des enfants, le pouvoir d’achat. Il est conscient de la situation du monde et des dangers de la mondialisation. Il considère que l’Europe doit se réformer pour protéger les européens. C’est le plus « présidentiable » des candidats de la Primaire de la gauche, il peut représenter un espoir d’être au deuxième tour. Sa campagne est d’ailleurs déjà axée sur la confrontation avec la droite et l’extrême droite.

Quatre candidatures de natures donc différentes, des candidatures pour témoigner, pour porter une opinion, une contestation, une ambition, une candidature de contournement, et surtout une candidature résolument « présidentiable » pour affronter la droite et l’extrême droite avec une compétence et un programme réaliste.

Aux Françaises et aux Français de se prononcer.

Que cette Primaire accueille le plus grand nombre d’électrices et d’électeurs pour donner à la France une candidature de gauche crédible.

Philippe Allard

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Rédigé par Philippe Allard

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