Publié le 27 Février 2017

Le Parti socialiste est un parti de gouvernement qui a su assumer les responsabilités des plus hautes fonctions de l'Etat dans le cadre de la Vème République, on lui doit deux Présidents de la République. Ce parti s'est ainsi engagé à gouverner pour répondre aux défis de notre temps, avec toujours cette volonté d'agir pour construire une société plus juste, plus humaine, plus fraternelle, offrant à chaque femme et chaque homme les moyens de vivre dignement.
Ce n'est pas facile de gouverner. Dans un monde en mutation, c'est tellement plus simple de rester dans les incantations, avec les classiques  : "on pourrait" ... "on devrait" ... "il faudrait" ... On est toujours un peu déçu, on trouve que ça n'avance pas assez vite. Pourtant au combien les socialistes ont permis de faire avancer notre société !

Le Parti Socialiste se trouve aujourd'hui face à une nouvelle échéance électorale avec l'élection présidentielle. Les divisions internes de notre Parti n'ont pas permis à François Hollande de se représenter. La Primaire de la Belle alliance aurait pu être un beau rendez-vous, elle a surtout servi à éliminer un chef de gouvernement.
Celui qui s'était opposé au Président socialiste, favorisant la division des socialistes ... se retrouve aujourd'hui le candidat des socialistes, avec l'incapacité de représenter l'ensemble des socialistes. C'est un peu le monde à l'envers .. Le programme d'ailleurs va dans le même sens avec un accroissement des déficits, le refus de l'aide aux entreprises, la promesse d'emplois en plus à toutes les corporations, les dépenses à tous les étages, la remise en cause de la valeur travail... Le candidat, sympathique sans doute, chef de courant sans aucun doute, déroute une partie importante des militantes et des militants socialistes.
 
A moins de deux mois du premier tour de l'élection présidentielle du 22 avril, on voit s'écarter chaque jour un peu plus la possibilité pour notre Parti de constituer une majorité pour gouverner. Les sondages d'opinion révèlent un niveau alarmant, la recherche d'un accord avec Mélenchon était un jeu de dupe, le Parti Socialiste apparaît bien seul ... en lutte avec la France insoumise sur une orientation radicale ... est-ce bien là le rôle de ce Parti ?
Les leaders socialistes doivent donc aujourd'hui réfléchir sérieusement, pas à une place, pas à l'existence d'un parti, mais à l'avenir de la France.
Si le Parti Socialiste n'est plus en capacité de constituer une majorité pour le pays, alors il doit accepter de participer à la création d'une majorité menée par une personnalité qui n'appartient pas à ce parti. C'est difficile, certes, pour un parti qui depuis 1981 est au centre des majorités à gauche, mais c'est nécessaire pour assurer un gouvernement républicain et progressiste à la France.
Nous ne sommes plus en capacité de porter la victoire, mais il ne s'agit pas d'abandonner la France.
 
Emmanuel Macron représente aujourd'hui une possibilité d'éviter à la France de devoir choisir entre la droite extrême et l'extrême droite. Il est le mieux placé pour représenter la France progressiste. Il n'est pas socialiste mais il a gouverné avec nous.
Il ne s'agit pas de se mettre en marche ... mais de permettre un rapprochement pour assurer un gouvernement à la France. Soyons réaliste, travaillons dans l'intérêt du pays, restons "l'abeille et l'architecte" pour ce nouveau monde.
 
Philippe Allard

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe Allard

Repost 0

Publié le 25 Février 2017

Allez dire aux millions de chômeurs en France ... oubliez l'emploi, on va vous remettre un revenu universel de quelques centaines d'euros par mois, sans rien faire, et tout ira bien dans le meilleur des mondes ... Le travail n'est plus une valeur, on peut s'en passer ... On ne sait pas encore trop comment financer cette aide ... au départ ce ne sera pas trop pour vous, mais ça viendra progressivement ... Mais de qui se moque-t-on ?


Trop peu pour moi ... Le Parti socialiste est en train d'oublier la réalité, et les enjeux de ce monde, pour entrer dans le petit monde merveilleux de boboland ....
On ne parle plus, on ne traite pas des vrais problèmes ... mais l'essentiel c'est de "faire gauche" ! Voilà le seul objectif ... et l'on se délecte dans les mots, dans les postures. Il faudrait faire appel à Molière pour jouer une telle comédie ... une farce ... entre femmes savantes et précieuses ridicules. Les mots, les mots, les mots ... voilà tout, c'est le programme ... Ne parlez pas de réalité ... on repeint en rose les murs de Solferino ... c'est plus joli ! Mais arrêtons-là, car cela n'est malheureusement pas drôle ... avec l'abandon de la gauche réaliste et réformiste, pour donner une perspective concrète et répondre aux problèmes de notre société,  c'est un boulevard  que l'on offre aujourd'hui pour les idées nationalistes et xénophobes de Marine Le Pen.

C'est vrai la réalité du pouvoir ce n'est jamais facile. C'est tellement plus simple de s'en détourner ... Le pitre, fondeur, est aujourd'hui aux commandes ... Il savoure les combines d'appareil ... rien de bien grand pendant quarante neuf ans, pour finir par abattre la gauche ... beau résultat ! Parce que gouverner ce n'est pas simple, ce n'est pas d'une fronde dont nous avions besoin.
Une campagne électorale pour les présidentielles, ça se prépare sérieusement, ce n'est pas l'histoire d'une petite bande, heureuse de se retrouver dans la cour des grands, pour singer une histoire passée. Ce n'est même pas une recette de cuisine pour gagner une élection, car il faut gouverner. Préparer une campagne, c'est faire la liste des problèmes à régler et expliquer aux électrices et aux électeurs les politiques proposées pour apporter des réponses concrètes. Car c'est de cela dont nous avons besoin, surtout pas de cuisines, mais de politique !


Une grande majorité des électrices et des électeurs de gauche ne comprennent plus, ne se retrouvent pas, ils voient bien la supercherie, ils ne se prononcent pas et restent à l'écart de cette triste farce. 
Pourtant notre société a besoin de politique pour trouver des réponses réalistes à ses problèmes ... alors :
"pendant que vous irez courir l’aventure, il faut que quelqu’un reste garder la vieille maison" Léon Blum, Congrès de Tours, 1920.

Non boboland ce n'est pas le socialisme ! 


Philippe Allard

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe Allard

Repost 0

Publié le 22 Février 2017

Jacques Chaban-Delmas fut ministre de Pierre Mendès France, aux côtés  de François Mitterrand, puis résistant pendant la Seconde Guerre mondiale, il sera un gaulliste social et devint le  Premier ministre de Georges Pompidou en 1969.
Il lance alors l'idée de la nouvelle société fondée sur les libertés publiques, la participation des citoyens, le dialogue avec les syndicats, la solidarité. Parmi ses conseillers, on trouve notamment Jacques Delors. Jacques Chirac est alors secrétaire d'Etat au budget. Chaban, sans remettre en cause l'économie de marché, donne une orientation réformiste, sociale et modérée.

"Nous sommes encore un pays de castes. Des écarts excessifs de revenus, une mobilité sociale insuffisante, maintiennent des cloisons anachroniques entre les groupes sociaux." Jacques Chaban-Delmas, 1969.
 
Notre histoire politique française, n'a pas toujours été aussi nettement cloisonnée entre une gauche et une droite irrémédiablement opposées.

Emmanuel Macron dans cette période de mutation globale, à l'âge de 39 ans, mais avec une culture solide et une expérience déjà impressionnante, lance le défit de construire un rassemblement des Françaises et des Français pour répondre aux enjeux de notre époque ... une nouvelle société à construire dans un monde ouvert.
Le défit était risqué face aux partis installés... et pourtant dès son lancement une Marche de la société civile a bien eu lieu. Une dynamique s'est produite.
Le Parti socialiste qui fut, avec François Mitterrand, un parti de gouvernement semble changer de voie pour tendre vers une orientation plus radicale. Il laisse ainsi la place pour une autre formation.
Aujourd'hui, les cadres politiques du cendre droit et de cendre gauche rejoignent cette Marche. Quelque chose est en train de naître pour une France refusant les extrêmes et souhaitant répondre aux défis de notre temps.

Emmanuel Macron c'est une histoire française, un rêve français pour sortir d'une division parfois artificielle ...  
 
Philippe Allard

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe Allard

Repost 0

Publié le 13 Février 2017

Ce qui est intéressant dans la candidature d'Emmanuel Macron c'est cette volonté d'abord de placer la France dans la marche du monde.

Trop de candidatures, à gauche ou à l'extrême droite, ne sont axées que sur l'idée de protéger la France ... dans une vision très hexagonale de crainte de l'évolution du monde.  Pourtant la France s'en tire très bien,  elle n'est pas plus menacée que les autres ... La mondialisation réduit les distances, permet davantage d'échanges à tous les niveaux. Elle offre de nouveaux défis. Elle peut être utile pour diffuser des savoirs, des technologies, des idées ...  La France n'a pas à avoir peur de ce nouveau monde. La France ne peut pas s'isoler, édifier des murs de protection, s'enfermer dans la crainte, chercher des solutions à l'écart de cette marche du monde.
La France est bien plus utile lorsqu'elle organise la conférence sur le climat à Paris pour construire des solutions à l'échelle de le planète et permettre ainsi un accord international.
Les Etats-Unis offrent d'ailleurs  l'image,  avec Trump, de ce qu'il ne faut pas faire ... à gauche ou à droite ! Nous n'avons pas besoin de murs ... Ouvrons les yeux sur le monde, la France n'est pas seule ! 

Par contre, n'oublions pas  la situation de beaucoup de Françaises et de Français.  Trop d'entre eux souffrent en effet réellement des inégalités dans notre société contemporaine d'abondance. Le chômage de masse, la pauvreté, la précarisation, l'exclusion sont des fléaux. Marine Le Pen se fortifie sur ce malheur en opposant et divisant les souffrances. Pourtant le jeune de banlieue  né en France de parents immigrés connaît le même drame que ce jeune au chômage, de parents nés en France, dans une ville autrefois industrielle.
Il ne s'agit donc pas de perdre à l'esprit cette volonté d'égalité qui est l'âme de la gauche. Placer la France dans la marche du monde ne suffit pas si on ne répond pas à ce drame des inégalités en France.
Cette marche vers l'égalité est essentielle. Beaucoup d'initiatives dans la société se développent, des associations s'activent pour donner à notre société une forme plus humaine. Il faut les associer. L'Etat doit s'appuyer sur ces forces vives.

J'attends donc encore des réponses sur ce que nous voulons construire ensemble ... La France en marche dans le monde OUI mais si c'est en acceptant de laisser croître les inégalités c'est NON ...

Ce qui m'intéresse dans une campagne présidentielle, ce n'est pas de suivre un parti aveuglément... mais de réfléchir à notre avenir commun.
Benoît Hamon a créé une dynamique pendant l'élection des Primaires ... mais il peine maintenant visiblement à construire un réel programme de gouvernement pour la France. Les combinaisons d'appareils ne suffiront pas. Il faut autre chose. Un Président doit être capable de donner une vision claire. C'est tout l'enjeu ... et pour l'instant je ne vois pas de réponse à la hauteur ... Avant d'entrer dans des négociations d'appareil, il convient d'abord de réfléchir sérieusement sur ce que l'on veut construire pour le pays. J'entends plein de petits bouts de programme ... un catalogue de bonnes intentions comme d'habitute ... mais l'enjeu est bien plus grand.
Lors du dernier conseil fédéral à Paris j'ai entendu, avec consternation, l'idée qu'il fallait avant tout gagner avec Benoît et que le reste n'avait pas d'importance ... Est-ce vraiment sérieux ? Pour moi c'est "le reste" qui est essentiel ... ce ne sont pas les combinaisons d'appareils politiques pour gagner des postes qui sont importantes. Ce qui est bien plus  important : c'est d'échanger avec nos différences pour regarder ce que nous voulons construire ensemble, en acceptant ces différences, parce que ce que nous voulons construire est bien plus grand que ces différences.
Ne me demandez de choisir pour l'instant entre Macron et Hamon ... car ce n'est pas un choix d'un Homme, d'un Parti seulement, c'est le choix d'une vision pour la France. Et pour l'instant, je ne me sens pas en marche, je ne sens pas battre mon coeur ...
Et pourtant, j'aimerais être en marche dans ce monde et sentir battre mon cœur ...
 
Philippe Allard
 

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe Allard

Repost 0