Publié le 28 Juin 2017

La décision du Conseil national du Parti Socialiste de se placer résolument dans l’opposition contre Emmanuel Macron apparaît bien comme une gifle donnée aux électrices et aux électeurs socialistes.  En effet la grande majorité d’entre eux a apporté, lors des dernières élections présidentielles puis législatives, son soutien au Président de la République. 

Le fossé entre l’appareil du parti socialiste et ses électeurs se creuse ainsi de plus en plus. L’appareil de Parti aurait raison contre son électorat … c’est absurde ! 

Il faut comprendre cet électorat socialiste. Son positionnement peut être clairement défini pour l’essentiel par la volonté de construire une société progressiste, juste, et solidaire. Ce n’est pas révolutionnaire. Il ne s’agit pas de tout casser, de tout démanteler. C’est un électorat modéré mais engagé à gauche pour la défense de valeurs, de cette Humanité chère à Jaurès.  

Lors de la campagne présidentielle, la candidature de Benoît Hamon a pu d’abord séduire lors des Primaires par une forme d’innovation dans le programme. Mais très vite, le manque de crédibilité s’est révélé et on a vu alors la chute rapide du candidat socialiste dans les sondages d’opinion. Sa volonté de se rapprocher de Mélenchon a fait ressurgir l’image du frondeur. Ce n’est pas le manque de soutiens des uns et des autres qui a entraîné cette chute, mais bien l’incapacité du candidat à incarner une fonction et à proposer une politique crédible pour le pays. 

Le parti socialiste a des valeurs à défendre mais il n’a pas aujourd’hui de politique claire à proposer. Il s’est enfermé dans une guerre interne et n’a pas su trancher. Il a ainsi surtout donné l’image d’un parti divisé et incapable de gouverner.  Son choix actuel d’opposition apparaît donc comme un choix tactique pour exister et tenter de se redonner une voix. Mais sans une capacité à incarner une gauche de gouvernement, cette opposition conduit le Parti Socialiste dans l’impasse. 

La gauche de gouvernement peut se reconstruire et recouvrer le soutien d’une grande partie de son électorat, mais cela réclame d’accepter de changer d’alliance. 
Une partie des socialistes avec Benoît Hamon reste déterminée à rechercher un rapprochement avec la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon. C’est une autre alliance dans l’extrême, car la France insoumise n’est pas le Parti Communiste des années 1970. Avec les uns on pouvait gouverner avec les autres on ne peut que s’opposer. 

Les électrices et les électeurs socialistes dans leur majorité ont pour leur part choisi une autre alliance, celle avec la République en Marche. Ne nous opposons pas à notre électorat. Acceptons cette alliance avec celles et ceux qui le voudront et travaillons pour une gauche non d’opposition mais de gouvernement. 


Philippe Allard
 

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Rédigé par Philippe Allard

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Publié le 22 Juin 2017

Si le Parti Socialiste compte s’en sortir en choisissant la facilité par une simple opposition systématique, caricaturale et politicienne, il ne servira à rien.

Ce qu’on attend maintenant, c’est un réel travail de fond. Le P.S doit réfléchir sérieusement notamment sur une politique économique crédible à proposer au pays. C’est ce qui nous a le plus manqué.

Lors du quinquennat de François Hollande, l’affrontement au sein du P.S sur la place publique a été mortifère et nous a conduit à la déroute. Il faut maintenant être sérieux, réfléchir, travailler, s’écouter pour proposer. Pas de démagogie, pas de posture mais il nous faut un projet crédible.

Nous ne pourrons pas retrouver une crédibilité si nous pensons :

. Que l'on peut gagner les prochaines élections en se proclamant "de gauche contre la droite" sans avoir de projet à proposer.

. Que l’on peut convaincre sur un programme proposant d’accroître toujours un peu plus la dette du pays.

. Que l’on peut défendre l’idée que le seul protectionnisme nous sortira d’affaire dans la mondialisation.  

L’effondrement lors de la campagne présidentielle du candidat socialiste, alors qu’il bénéficiait suite aux Primaires d’une remontée dans les sondages, s’explique avant tout, lors de sa campagne, par l’absence de crédibilité du candidat pour la fonction présidentielle et par son programme parfois innovant mais jugé peu sérieux car non financé.

Le socialisme de gouvernement peut renaître. Je ne crois pas du tout à sa mort. Mais pour cela, il faut oublier les batailles de postes, les conflits entre courants, les guerres idéologiques estudiantines, les postures politiciennes, pour se mettre au travail !

J’appelle tous nos élus à prendre conscience que nous pouvons être utiles au pays, mais cela n’est pas possible en prenant le chemin de la facilité : d’une opposition sans lendemain. Nous avons besoin de porter un projet crédible d’un socialisme de gouvernement.

Philippe Allard

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Rédigé par Philippe Allard

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Publié le 20 Juin 2017

Le Premier ministre, Edouard Philippe, est intervenu ce matin sur BFMTV suite à sa reconduction dans sa fonction. Il a été notamment interrogé précisément par Jean-Jacques Bourdin sur la réforme du code du travail.

Sur cette réforme, il a très clairement expliqué sa politique.

Il faut d’abord bien replacer cette réforme dans la volonté du Président de la République de s’attaquer au chômage de masse en aidant davantage les entreprises et donc les salariés à trouver du travail.

Le Premier ministre a rappelé l’importance des débats et des échanges. Les ordonnances permettront une plus rapide mise en application mais cela n’enlèvera pas l’importance du dialogue social et du travail parlementaire. Plusieurs rencontres sont prévues avec les syndicats avec une volonté réelle de concertation. C’est un point essentiel. Ensuite les parlementaires interviendront dans le débat d’abord lors de la loi d’habilitation fixant le domaine et la durée où le gouvernement pourra prendre des ordonnances, ensuite avec la loi de ratification.

Edouard Philippe a bien sûr, en accord avec le Président de la République, l’idée des décisions à prendre mais il veut passer d’abord par le dialogue social. C’est par l’échange, l’écoute mutuelle, la volonté d’être constructif pour le pays qu’il faut travailler pour avancer.

On voit en effet très clairement dans cette intervention toute la négociation qui s’ouvre dans le sens de l’intérêt général. Il s’agit de réfléchir sérieusement à ce qui doit rester un accord de branche et ce qui mérite d’être défini au niveau des entreprises. C’est le souci du Premier ministre d’être vigilant sur le bon cadre pour servir les entreprises et maintenir la sécurité pour les salariés.

Certains courants extrêmes considéreront qu’il ne faut rien changer … Pour réduire le chômage, ils proposent d’accroître toujours plus le déficit et les impôts. Ces solutions proposées sont minoritaires dans le pays !  Ils vont tenter de faire de l’obstruction, c’est leur affaire.

Les socialistes doivent au contraire conduire un débat sérieux et rechercher, comme le veut le gouvernement, un juste équilibre sur la réforme du code du travail. Pas d’obstruction donc, pas de simplification, pas de démagogie mais un travail rigoureux, c’est ce dont nous avons besoin avec un rapporteur à l’assemblée pour éclairer clairement la parole des socialistes réformistes.

 

Philippe Allard

 

Extrait de cette intervention :

http://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/edouard-philippe-ca-m-arrive-d-avoir-un-avis-956577.html

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Rédigé par Philippe Allard

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Publié le 13 Juin 2017

Ségolène Royal était l’invitée de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV à 8h30 ce matin.

 

A entendre cette femme politique, il n’y a pas photo : elle est toujours n°1. Elle incarne un engagement à gauche : dans ses valeurs, dans son sens de l’époque et dans sa conception de faire de la politique.

 

1- Ségolène Royal a rappelé dans son intervention ce matin l’origine du socialisme dans les luttes ouvrières du XIXè.s. C’est de cette histoire que sont nées les valeurs de cette pensée politique toujours forte avec son humaniste, sa recherche de justice. C’est cela l’importance du socialisme, qui fait qu’il ne peut pas disparaître, qu’il n’est pas attaché à une période ou au fonctionnement d’un parti politique, car ce sont avant tout des valeurs. C’est cela qui donne du sens à l’engagement et aux prises de décisions politiques. Il faut prendre de la hauteur pour comprendre ce qui nous pousse aujourd’hui encore, dans un moment différent, à se déclarer « socialiste » pour continuer à porter ces valeurs de justice dans la société, en les adaptant à une nouvelle époque.

 

2- Ségolène Royal ne fait pas partie des conservateurs de parti pour qui rien ne doit bouger, de ces orthodoxes d’une pensée figée qui ne pourrait pas s’adapter à son époque. C’est ce qui avait fait la dynamique de sa campagne de 2007, cette capacité à vouloir saisir son temps pour porter, avec les valeurs socialistes, un projet qui réponde aux besoins du présent. C’est d’ailleurs tout le sens de son engagement dans la transition énergétique, la défense de l’environnement et la biodiversité, pour notre planète, ce bien commun à préserver pour les prochaines générations. C’est sans doute la grande erreur des dirigeants du Parti Socialiste, enfermés dans leur conformisme, de ne pas avoir compris ce qu’elle pouvait apporter pour le socialisme maintenant.

 

3- Ségolène Royal n’est pas une femme de parti mais d’engagement pour agir avec ses valeurs socialistes. Elle dénote ainsi des cadres classiques des partis qui pensent d’abord l’engagement dans la vie d’un parti. Ouvrons les portes et les fenêtres, regardons ce qui se passe dehors et sachons répondre aux besoins réels. Sa conception de faire de la politique, n’est pas dans les combinaisons d’appareils entraînant des conflits, des luttes de pouvoir, comme on a malheureusement dû le subir durant le dernier quinquennat, entre des clans adverses. La politique doit se renouveler, casser les classiques alliances, s’ouvrir à la société civile, donner plus de place aux citoyens dans une démocratie plus participative. Elle a été en Marche bien avant l’heure et elle a fixé le cap.

 

Quelle sera sa place dans les semaines à venir ?

 

Le Parti Socialiste a voulu un temps la mettre de côté car elle portait trop de nouveauté d’un coup … On connaît la suite et la situation aujourd’hui de ce parti faute de n’avoir pas su se renouveler, d’être demeuré dans des batailles internes interminables et sans avenir.

 

Que l’on ne fasse pas la même erreur aujourd’hui. Ségolène Royal c’est une éclaireuse dont nous avons besoin pour avancer.

 

Philippe Allard

 

Lien pour voir ou revoir l'émission :

 

http://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/segolene-royal-face-a-jean-jacques-bourdin-en-direct-954243.html

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Rédigé par Philippe Allard

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