Trois fondateurs du socialisme

Publié le 27 Août 2009

Le socialisme a pris toute sa force politique dans le combat ouvrier de la fin du XIXè siècle. Mais, il s’inscrit également dans une histoire plus longue de combat pour la dignité de l’homme. En cela il faut inscrire ce mouvement de gauche dans l’esprit des lumières pour la défense de l’humain qui donna à la révolution française la déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Pour bâtir cette société plus juste contre un modèle capitaliste et ainsi réaliser la révolution sociale, les socialistes s’engagent dans la voie parlementaire.

Dans cette longue histoire, trois grandes figures émergent particulièrement :

 

Jean Jaurès, le père fondateur


D’une part, en défendant les ouvriers en lutte, et d’abord les ouvriers de Carmaux, Jean Jaurès fait du socialisme un mouvement de combat contre les injustices.

D’autre part dans son combat pour les droits de Dreyfus, Jean Jaurès fait du socialisme un humanisme. La défense des droits de l’homme n’est pas une idée bourgeoise, elle s’associe à toutes les luttes.

Enfin en défendant l’entrée, d’Alexandre Millerand en janvier 1899 dans le gouvernement de Waldeck Rousseau, il ouvre la voie au socialisme gouvernemental. 

« pour qu'aucun individu ne soit à la merci d'une force extérieure, pour que chaque homme soit autonome pleinement, il faut assurer à tous les moyens de liberté et d'action. Il faut donner à tous le plus de science possible et le plus de pensée, afin qu'affranchis des superstitions héréditaires et des passivités traditionnelles, ils marchent fièrement sous le soleil. Il faut donner à tous une égale part de droit politique, afin que dans la Cité aucun homme ne soit l'ombre d'un autre homme, afin que la volonté de chacun concoure à la direction de l'ensemble et que, dans les mouvements les plus vastes des sociétés, l'individu humain retrouve sa liberté". [...]

J. Jaurès, Socialisme et liberté, Revue de Paris (décembre 1898).

 

 

 

Léon Blum, une trop courte expérience gouvernementale

 

  En refusant d’adhérer à la IIIè internationale lors du Congrès de Tours de 1920, il entend préserver la "vieille maison socialiste".

Refus d’abord d’un type d’organisation du parti : Blum défend une organisation de bas en haut

«C'est à la base même du Parti, dans la masse des militants et des cotisants, que se formaient la volonté et la pensée collectives. Cette volonté et cette pensée remontaient d'étage en étage, de la section à la fédération, de la fédération au conseil national, du conseil national au congrès. »

Défense ensuite des réformes progressives par un travail parlementaire afin :

« de soutenir ou de provoquer toutes les réformes qui peuvent améliorer la condition morale et physique des travailleurs, et qui, par cela même, (…) aident cette transformation sociale, qui est la révolution. »


Il devient avec la victoire du Front populaire en 1936, chef de gouvernement

Lors du vote des pleins pouvoirs au maréchal Pétain en juillet 1940, Léon Blum fit partie des quatre-vingts parlementaires qui votèrent contre.

 

 

François Mitterrand, le pouvoir dans la durée

 

  Suite au Congrès d’Epinay en 1971, François Mitterrand devient Premier secrétaire du PS et engage la stratégie de l’Union de la Gauche avec les communistes.  

Elu Président de la République en 1981, il fait du Parti socialiste le parti de l’alternance face à la droite.

Le Parti socialiste devient un Parti de gouvernement et se confronte à la réalité du pouvoir.  

Toutefois, les gouvernements socialistes de François Mitterrand mettent en place de grandes lois sociales et poursuivent ainsi l’œuvre de Léon Blum.


« Si vous estimez que le but c’est la transformation, que c’est la transformation qui est la révolution, alors tout ce qui, même dans le cadre de la société bourgeoise, peut préparer cette transformation, devient travail révolutionnaire. »  Léon Blum, 1920.

 

 

Rédigé par Philippe Allard

Publié dans #Histoire du socialisme

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