Discours de Ségolène Royal à Berlin

Publié le 9 Novembre 2009

En lisant le discours de Ségolène Royal à Berlin, j’ai été frappé d’y retrouver les trois forces qui m’ont amené à la soutenir et qui donnent à cette femme politique un poids incomparable dans la vie politique française :

 

Sa confiance en la capacité de l’homme à changer le monde :

Il y a, dans la chute du Mur de Berlin, l’une des plus belles leçons qui soient. Quelles que soient les circonstances, quelles que soient les rôles plus ou moins avérés des dirigeants soviétiques, américains, allemands, français ou britanniques, il n’y a, au-delà du ballet diplomatique souterrain, au-delà des déclarations publiques, qu’une seule vérité  : rien ne peut résister à la force d’un peuple en marche. Aucune dictature, aucun système totalitaire, aucune démocratie dévoyée, ne peut résister à l’élan d’un peuple qui décide, un jour, de dire « NON ».

Tous les régimes pervers s’écroulent grâce à la force et au courage des citoyens.

Tous les régimes démocratiques s’élèvent grâce à la force et au courage des citoyens.

Ce jour-là, j’ai pensé : « Tout est possible. Aucun mur ne peut résister à la détermination d’une poignée d’individus qui sont d’abord quelques gouttes d’eau, puis forment un ruisseau, puis une rivière, puis un océan ».

 

Son réalisme face à la situation du monde

Mais ces murs ne sont rien comparés aux barrières infranchissables qui enferment nos décisions. Il est plus facile de faire tomber les barricades que les barrières mentales. Des murs physiques existent mais nous savons également que des murs d’idéologies détournées enferment également le monde : le fanatisme terroriste qui instrumentalise la religion, le fanatisme économique et l’inertie écologique mènent également le monde à sa perte.

Oui, les murs invisibles existent, parfois plus coriaces que les barricades, et ils ne peuvent être abattus que par la volonté politique et par des lois, des droits et des devoirs démocratiquement partagés.

 

Son volontarisme pour changer le monde

La chute du mur de Berlin nous oblige à aller encore plus loin maintenant. Le temps est venu de l’Europe politique.

Il dépend de nous de relever ce défi formidable : forger une véritable Europe politique.

Oui, nous devons parvenir à une coexistence politique harmonieuse pour porter haut et fort les valeurs de l’Europe, qui fut pendant des siècles l’un des plus grands champs de bataille de l’humanité, qui fut le lieu du crime le plus effroyable de tous les temps, la Shoah, et qui pourrait devenir, contre une part de sa propre histoire, grâce à cette cohésion, et par l’union de ses différences, le continent que j'appelle : « les États-Unis d'Europe ».

Rédigé par Philippe Allard

Publié dans #Actualité

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N. Brede 09/11/2009 15:11


Ségolène Royal n'est pas pour l'instant dans la lumière des projecteurs. Les commentateurs qui l'ont adoré désormais la dédaignent.

Dans cette traversée du désert, pourtant, elle est plus magnifique que jamais, par la force de ses idées. A Montpellier, à la Fête de la Fraternité, elle a prononcé un discours à la fois
enthousiaste et didactique, prenant le temps d'expliquer la nécessité d'une loi séparant banques d'affaires et banques de dépôt. Elle a gagné en densité, en gardant le même charisme.

Qui d'autre que Ségolène pour porter en 2012 la gauche à la victoire ?