Frondeurs ou casseurs ?

Publié le 20 Août 2014

ps.jpgJe ne suis pas d’accord … la violence des propos va trop loin … on n’est plus face à des frondeurs mais face à des casseurs, et cela est inacceptable !


Je ne suis pas d’accord sur le changement de cap qu’on voudrait nous faire avaler face aux difficultés actuelles. Nous savons où peut mener une politique de relance : à l’accroissement du déficit commercial et l’effet sur l’emploi serait nul.
Quand on écoute certains camarades aujourd’hui on se croirait revenu aux années 30 … avant la mondialisation actuelle. Tu augmentes les salaires et tout repart …. Seulement voilà la ménagère ne mettra pas dans son caddie un airbus, un satellite, ou un tgv … mais une grande partie de marchandises venues des quatre coins du monde. 
La relance réclame des actions spécifiques qui peuvent aider le bâtiment par exemple comme c’est le cas avec l’aide à l’isolation. Une réelle politique de l’emploi impose un fin dosage entre politique de l’offre et de la demande. C’est autre chose que d’utiliser de vieilles formules. Inutile de jouer les savants économistes prétentieux, ça ne marche pas.  Stop à la casse !

Je ne suis pas non plus d’accord sur la démarche d’opposition d’une partie de ces frondeurs qui par leurs propos se font davantage des casseurs.
Cette opposition systématique nuit à l’action collective. Elle divise et ne rassemble pas les socialistes. Elle n’est pas constructive car elle oppose bloc contre bloc et sert le retour au pouvoir de la droite et peut être pire.
Quel intérêt alors ? Sans doute pour quelques-uns,  le jeu du pouvoir fait perdre raison et conduit à ces excès. Sans doute pour d’autres, le goût de la notoriété, c’est tellement plus facile de faire parler de soi lorsqu’on joue contre son camp. 
Tout ce jeu est pourtant inutile car il ne permet pas d’avancer et de construire ensemble. 

Je reste favorable à un Parti de proposition. C’est ce que j’ai souhaité en proposant de fonder la motion 4. Refuser un parti godillot qui ne serait là que pour commenter l’action menée, et refuser également un parti en opposition avec la politique du gouvernement. Ni motion 1, ni motion 3, mais motion 4 pour oser plus loin plus vite.
Si les frondeurs voulaient faire des propositions constructives pour aider le gouvernement dans son action, je les soutiendrais. Le parti socialiste doit être un acteur, ne pas avoir peur de proposer. Mais à l’opposition actuelle qui voudrait faire croire que le gouvernement de gauche fait la même politique que ce qu’on a connu avec Nicolas Sarkozy, je dis NON ! A cette opposition qui veut condamner tout, je dis non car cela ne sert à rien si ce n’est nous affaiblir davantage.

Certes pour beaucoup d’entre nous, la motion 4 a été une désillusion. Nous avons découvert les hommes et leurs travers. Il ne fut pas simple de gérer un Pierre Larrouturou recherchant avant tout la lumière des plateaux de télévision, « l’économiste de la rampe » … Et puis, il y eut aussi les mauvaises surprises avec les jeux individuels. Pourtant, je reste persuadé que le rôle d’un parti doit être d’oser proposer pour aller plus loin plus vite. Oser proposer n’est pas oser s’opposer, c’est toute la différence.

A l’Université d’été de la Rochelle, les casseurs seront devant les micros et les caméras. Je serai pour ma part au rendez-vous des militantes et des militants. Le off sera intéressant puisqu’il s’agit de discuter entre nous pour rédiger un texte commun participatif. Sortir de ces textes qu’on nous impose et que la plupart d’entre nous ne lisent pas. Sortir de ces jeux de courants où l’on entend toujours les mêmes postures.
http://oserlagauchecitoyenne.fr/la-rochelle-invitation-au-debat-militant-organise-par-oser-la-gauche-citoyenne/

Je suis socialiste et j’appelle sereinement les socialistes à refuser la division. Sachons proposer pour gouverner mieux ! Stop à la casse !

Philippe Allard

Rédigé par Philippe Allard

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Lionel Jeanjeau 21/08/2014 10:13

Bonjour,

Une réflexion qui a le mérite de la clarté mais avec laquelle je ne suis ... pas d'accord. Le PS, plus encore ses militants, et a fortiori les électeurs qui nous ont fait confiance, n'ont plus à
supporter les logiques politiciennes que sous-tend un soutien sans faille aux choix actuels. Car enfin, dans votre raisonnement, il manque quand même une donnée : "nous" avons été élus sur un
programme. Il est grands temps de dépoussiérer la politique, en commençant par le commencement et donc en arrêtant de prendre les électeurs pour des cons. Si nous savions que nous ne pourrions pas
tenir ce programme, il ne fallait pas s'y engager. Point final. Ensuite, sur le fond, je suis assez d'accord : la politique choisie est sans doute la bonne. Mais elle arrive au très mauvais moment.
Je développe ici : http://2012etapres.canalblog.com/archives/2014/08/18/30440957.html