Socialisme et économie ?

Publié le 16 Mai 2013

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Le Parti Socialiste est aujourd’hui au pouvoir en pleine crise économique. La question de la politique économique a toujours été au cœur de l’engagement des socialistes car elle conditionne la situation du travail et des conditions de vie. Plus encore en cas de crise, la question économique domine notre engagement.

 

Quelle est la politique économique à gauche ?

 

Nous ne sommes plus au XIXè.s ! Le socialisme à l’heure de la mondialisation ne peut en aucun cas être l’adversaire de ce qu’appelle Ségolène Royal : les entrepreneurs. Les femmes et les hommes qui ont décidé d’investir pour entreprendre, pour créer, pour innover, sont les acteurs essentiels du développement économique. Disons-le clairement, les socialistes soutiennent la volonté d’entreprendre. Une politique économique de gauche c’est d’abord le soutien aux hommes et aux femmes qui veulent entreprendre d’où l’importance des aides, des soutiens, et de la création de la banque publique d’investissement. L’entreprise n’est pas l’ennemi des socialistes mais son allié pour le redressement économique de la France.

 

Mais une politique de gauche, c’est aussi le refus d’un capitalisme sauvage qui profite de la force de travail des sans voix pour s’enrichir.  L’entreprise ce n’est ce capitalisme de la finance prêt à tout pour gagner plus, y compris à fermer l’entreprise pour délocaliser, à jeter les salariés à la rue, à mettre lâchement, bassement, la clé sous le paillasson. Ce n’est pas cela entreprendre. Le socialisme condamne ce capitalisme financier qui tue au Bangladesh, plus de 1000 morts pour la folie du Capital. Le socialisme c’est un combat, celui de la justice sociale. C’est notre histoire, l’héritage des luttes ouvrières passées qui ont permis d’arracher au Capital nos lois sociales, des salaires décents, une limitation du temps de travail, une sécurité sociale. La gauche se doit donc de défendre cette protection sociale qui fonde le pacte républicain. Il n’y a pas de progrès, il n’y a pas de développement sans justice sociale.

 

Une politique de gauche prône un volontarisme économique. L’Etat et les collectivités locales ont un rôle à jouer pour favoriser les dynamiques nécessaires à la croissance. L’Etat c’est d’abord un soutien à l’innovation pour comme le rappelle le Président de la République « préparer la France de demain ». Il serait d’ailleurs nécessaire de faire aujourd’hui le bilan des pôles de compétitivité du précédent quinquennat. Où en est-on ? L’Etat c’est, en cas de crise, le recours essentiel pour conduire des plans de relance. Il ne s’agit pas d’alourdir toujours davantage la dette des 1800 milliards déjà empruntés, mais de trouver les moyens nécessaires par des redéploiements, par des impôts équitablement répartis, pour mener la bataille économique. Et dans cette bataille, pas de pitié pour les traîtres à la partie qui s’adonnent à l’exil fiscal ou aux paradis fiscaux.

 

Le socialisme porte la volonté européenne. Ce fut d’abord au Congrès de la Haye la volonté de rompre avec l’Europe de la guerre et des totalitarismes, pour une Europe de la paix et de la démocratie. Très vite, dans la reconstruction, l’Europe c’est aussi une construction économique avec la CECA, puis la CEE, la PAC, le FEDER pour réduire les déséquilibres territoriaux. Dans la mondialisation, l’Europe peut être un atout si elle mène une bonne politique. L’Europe c’est un espace de progrès. Elle ne doit pas en rabattre sur l’Europe sociale. C’est notre modèle dans le monde, c’est notre identité celle de l’Europe humaniste. Renforçons les convergences sociales par le haut, menons des politiques volontaristes pour assurer le redressement de l’ensemble des territoires. C’est tout le combat de la réorientation de l’Europe menée par François Hollande qu’il faut soutenir.

 

Aucune autre ligne politique n’est aussi claire et efficace. Même la droite libérale avec un Nicolas Sarkozy finit par s’y rendre et doit oublier les folies d’un abandon au seul marché.

François Hollande mène aujourd’hui la bataille du redressement, ne lâchons rien, mobilisons-nous, menons l'offensive, osons plus loin, plus vite !  

 

Philippe Allard

Rédigé par Philippe Allard

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