Publié le 13 Avril 2010

4508939362_a2eaa8543e_o.jpgIl y avait longtemps que nous n’avions pas entendu un discours d’une telle force, de la part d’un représentant de la gauche française, pour porter l’idéal socialiste dans le monde. Dans son intervention à l'Université Candido Mendes de Rio de Janeiro, vendredi 8 Avril,  avant ses rencontres avec le président Lula et Dilma Rousseff, Ségolène Royal a rompu avec le discours social-démocrate qui s’était imposé au parti socialiste depuis Lionel Jospin, pour refonder un volontarisme politique à gauche.

 

Dans son intervention Ségolène Royal appelle la jeunesse, toute la jeunesse « d’où que vous veniez, quel que soit votre milieu social d’origine » à bâtir une « civilisation humaine, garante des droits humains ». 

Au début de son intervention, la socialiste est revenue sur deux événements récents l’investiture de Barack Obama et le Forum social mondial de Bélem, parce qu’ils ont soulevé une « immense mobilisation populaire et l’espérance », parce qu’ils prouvent qu’un autre monde est possible, parce que pour la socialiste : il faut changer le monde, « un autre monde possible, une alternative à gauche pour imposer le respect de l’être humain et de son environnement ».

 

Ségolène Royal dénonce un système capitaliste qui redresse la tête. Pourtant « la crise globale qui ébranle la planète disqualifie les donneurs de leçons, qui moquaient les mises en garde des altermondialistes et nous vantaient les charmes de l’Etat minimal, de l’abaissement des protections sociales, du productivisme prédateur et des prouesses des traders ». Elle dénonce un système qui conduit aux « émeutes de la faim, dans les rues de Bombay, de Dakar ou du Caire », un système dans lequel les salariés sont  « broyés par les mâchoires de fer du capitalisme financier ».

 

Pour mettre fin à ce système, Ségolène Royal ne se contente pas de dénoncer, elle propose  un projet alternatif à gauche, un projet socialiste autour de cinq grands axes :

            (1) Faire de  l’efficacité économique et de la justice sociale  un couple inséparable.

            (2) Réhabiliter le rôle de l’Etat, un « Etat anticipateur, porteur d’une vision à long terme de l’intérêt général »

            (3) Accélérer  la croissance verte, « c’est le gisement d’emplois et de qualité de vie de demain »

            (4) Définir et protéger les biens publics mondiaux car « la privatisation effrénée des services publics et la marchandisation croissante de tous les domaines de l’existence n’ont eu nulle part les effets vertueux que promettaient leurs partisans ».

            (5) La démocratie participative comme une condition de l’efficacité politique. Pour changer le monde, pour bousculer les gouvernants et imposer la valeur humaine, Ségolène Royal veut s’appuyer « sur la plus belle des forces : la force citoyenne. Qui émerge partout sur la planète, interpelle, questionne, revendique, propose ».

 

En portant haut et fort cet idéal socialiste, on retrouve avec Ségolène Royal la force de l’engagement d’un François Mitterrand. Après une très longue absence, les socialistes français reviennent enfin sur la scène internationale pour porter un message d’espoir en un autre monde, un idéal socialiste. Comme il y a eu en 1981 le discours de Cancun, on peut dire aujourd’hui que le discours de Rio fera date.

 

Philippe Allard 

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Rédigé par Philippe Allard

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Publié le 27 Novembre 2009

Avec la motion E, Ségolène Royal fixait 6 objectifs :

 

1) Inventer un monde nouveau : combattre et proposer

Ségolène Royal propose une politique volontariste, une rupture avec les politiques du compromis inactifs de certains leaders socialistes. Prenant en compte les mutations de la mondialisation, elle intègre l’entreprise comme acteur essentiel de l’innovation grâce aux actions des PME.

 

2) Réconcilier dynamique économique et progrès social : un Etat préventif, un Etat innovateur

Ségolène Royal lance les grands axes pour relancer notre pacte social avec sa volonté de réformer la fiscalité injuste, de sauver la sécu, de soutenir les parcours de formation des salariés, de replacer l’école au cœur de la République pour l’égalité et la liberté de l’homme, de garantir les retraites  

 

3) Faire d’urgence l’excellence environnementale

Ségolène Royal, plus qu’aucun autre socialiste, a pris conscience de cette urgence et des politiques à mener pour préparer l’après pétrole, réduire notre consommation d’énergie et, modifier notre rapport à l’espace.

 

4) Aller vers une société apaisée et favoriser l’émancipation

Ségolène Royal s’est engagée pour contraindre les communes à respecter les 20% de logements sociaux, pour assurer les solidarités numériques, pour porter un autre regard sur l’immigration, pour lutter contre les discriminations, pour redonner leur place aux artistes et à la culture, pour une France métissée. C’est un autre choix de société qu’elle propose.

 

5) Oser enfin « la démocratie jusqu’au bout »

Ségolène Royal veut dépasser la frontière en osant « la démocratie jusqu’au bout ». C’est une politique totalement opposée au Sarkozysme en modernisant le parlement, en relançant la politique de décentralisation, en refusant le retrait de la puissance publique des territoires ruraux, en encourageant la démocratie participative, en garantissant la liberté de la presse, en proposant une Europe plus sociale et démocratique.

 

6) Faire du socialisme une force neuve dans le siècle

Ségolène Royal voulait faire du PS un grand parti porteur d’espoir en donnant aux militants toute leur place

 

Parce que ces 6 orientations sont toujours d’actualité, Ségolène Royal est bien un choix politique d’avenir.  

 

 

 

 

 

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Rédigé par Philippe Allard

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Publié le 9 Novembre 2009

En lisant le discours de Ségolène Royal à Berlin, j’ai été frappé d’y retrouver les trois forces qui m’ont amené à la soutenir et qui donnent à cette femme politique un poids incomparable dans la vie politique française :

 

Sa confiance en la capacité de l’homme à changer le monde :

Il y a, dans la chute du Mur de Berlin, l’une des plus belles leçons qui soient. Quelles que soient les circonstances, quelles que soient les rôles plus ou moins avérés des dirigeants soviétiques, américains, allemands, français ou britanniques, il n’y a, au-delà du ballet diplomatique souterrain, au-delà des déclarations publiques, qu’une seule vérité  : rien ne peut résister à la force d’un peuple en marche. Aucune dictature, aucun système totalitaire, aucune démocratie dévoyée, ne peut résister à l’élan d’un peuple qui décide, un jour, de dire « NON ».

Tous les régimes pervers s’écroulent grâce à la force et au courage des citoyens.

Tous les régimes démocratiques s’élèvent grâce à la force et au courage des citoyens.

Ce jour-là, j’ai pensé : « Tout est possible. Aucun mur ne peut résister à la détermination d’une poignée d’individus qui sont d’abord quelques gouttes d’eau, puis forment un ruisseau, puis une rivière, puis un océan ».

 

Son réalisme face à la situation du monde

Mais ces murs ne sont rien comparés aux barrières infranchissables qui enferment nos décisions. Il est plus facile de faire tomber les barricades que les barrières mentales. Des murs physiques existent mais nous savons également que des murs d’idéologies détournées enferment également le monde : le fanatisme terroriste qui instrumentalise la religion, le fanatisme économique et l’inertie écologique mènent également le monde à sa perte.

Oui, les murs invisibles existent, parfois plus coriaces que les barricades, et ils ne peuvent être abattus que par la volonté politique et par des lois, des droits et des devoirs démocratiquement partagés.

 

Son volontarisme pour changer le monde

La chute du mur de Berlin nous oblige à aller encore plus loin maintenant. Le temps est venu de l’Europe politique.

Il dépend de nous de relever ce défi formidable : forger une véritable Europe politique.

Oui, nous devons parvenir à une coexistence politique harmonieuse pour porter haut et fort les valeurs de l’Europe, qui fut pendant des siècles l’un des plus grands champs de bataille de l’humanité, qui fut le lieu du crime le plus effroyable de tous les temps, la Shoah, et qui pourrait devenir, contre une part de sa propre histoire, grâce à cette cohésion, et par l’union de ses différences, le continent que j'appelle : « les États-Unis d'Europe ».

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Rédigé par Philippe Allard

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Publié le 30 Octobre 2009

Ségolène Royal lors de la campagne présidentielle avait su reprendre le combat idéologique de la gauche en réintroduisant le débat sur nos valeurs. Elle l’a fait notamment sur la démocratie, sur la nation mais aussi sur la valeur travail.

La droite libérale avait tenté de s’approprier cette valeur travail en faisant croire que la gauche défendait une société sans travail, une société d’assistés vivant sur l’effort de quelques uns. Or tout le combat de la gauche depuis le XIXè.s porte sur le travail. C’est grâce au travail de la masse des salariés que notre société dispose d’un niveau de vie élevé. La gauche a défendu la reconnaissance de ce travail, l’humanisation du travail, et la juste répartition des fruits de ce travail.
La valeur travail que défend la droite libérale repose sur l’effort sans conditions « travailler plus » et sa valeur marchande « pour gagner plus ». Ce ne sont pas les valeurs de la gauche qui défend le travail comme un effort partagé pour une société plus juste.

L’Université populaire et participative du 29 octobre organisée par Désirs d’avenir a permis de faire le point sur la situation du travail dans un monde dominé par l’idéologie libérale grâce aux interventions d’experts mais aussi aux témoignages d’ouvriers, de salariés. Pour accroître les profits des entreprises dans une compétition internationale les conditions de travail se sont dégradées. Les cadences se sont accrues pour dégager sur le travail plus de profits pour le capitalisme financier. La déshumanisation s’est renforcée avec la mise à l’écart des salariés ne répondant pas aux nouvelles cadences. Elle se révèle aussi par un isolement des salariés dans une forme totalitaire du management des entreprises. Les cadres subissent la pression des dirigeants pour accroître les cadences. Les salariés acceptent ces cadences par peur du chômage. La solidarité dans l’entreprise décroît par l’atomisation des salariés de moins en moins syndicalisés. Comme dans les autres domaines, le discours à gauche sur le travail est fondamental pour ne pas laisser à la droite imposer ses valeurs et construire une société basée sur ces valeurs libérales.

« cette émancipation sociale, cette émancipation économique suppose un prolétariat libre, éduqué, éclairé, elle suppose par conséquent une démocratie organisée et agissante où toutes les forces, où toutes les idées d'avenir peuvent se développer, elle suppose en même temps une série de réformes qui, en ajoutant aujourd'hui un peu de bien-être, un peu de garantie, un peu de lumière à la vie des salariés, leur permettent de regarder plus loin, de lever les yeux ve
rs l'avenir et de préparer un ordre nouveau. »
Jean Jaurès, discours devant la Chambre des députés, 1902.

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Rédigé par Philippe Allard

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