Publié le 24 Mars 2017

Une campagne présidentielle se prépare. Certes Benoît Hamon ne devait pas se trouver à cette place, mais inutile de chercher un bouc émissaire, inutile d’insulter les femmes et les hommes qui ne le suivent pas de « traître », le candidat est responsable de la situation actuelle. Il a commis en effet quatre erreurs successives qui l’ont mis échec et mat, dans cette campagne.

1/ Quand on veut représenter sa famille politique, lors d’une élection présidentielle, on ne commence pas par la diviser.

Or, Benoît Hamon a été l’un des principaux animateurs du courant des frondeurs contre le Président de la République et ses gouvernements. Ce courant a mené une opposition systématique qui a affaibli l’image d’autorité du Président. Il a donc divisé sa famille politique sur un mobile plutôt contestable, alors que François Hollande menait une politique de soutien aux entreprises, donc à l’activité économique, pour lutter contre le chômage de masse.

 

2/ Un candidat à la présidentielle ne doit pas apparaître comme un chef de parti mais comme un représentant crédible capable de gouverner la France.

Or, après sa victoire aux Primaires de la Belle alliance, au lieu de s’adresser aux Françaises et aux Français, Benoît Hamon est entré dans des manœuvres politiques au grand jour avec les représentants des partis politiques de gauche. Il est alors apparu comme un homme d'appareil. Trop sûr de lui, il a finalement échoué dans la constitution de cette alliance, montrant en cela son manque de stature pour constituer une majorité de gouvernement.

 

3/ Un programme présidentiel s’adresse au plus grand nombre et doit apparaître crédible pour gouverner.

Or, pour remporter la Primaire, Benoît Hamon a joué la carte de la nouveauté en portant des propositions innovantes avec un discours très à gauche. Après sa victoire, surpris et fort de son succès, le candidat n’a pas retravaillé ce programme avec sa famille politique. Il est même entré dans une surenchère de promesses de dépenses, affirmant que la dette du pays n’était pas le problème et laissant la question essentielle du chômage de côté. Le programme du candidat est alors apparu, chaque jour un peu plus, comme irréaliste.

 

4/ Un candidat de gauche ne doit pas oublier son adversaire politique principal.

Or, lors du premier débat entre les cinq principaux candidats, Benoît Hamon a préparé une attaque ciblée contre le candidat Emmanuel Macron, le désignant ainsi comme son principal adversaire. Il a oublié de ce fait l’inquiétude principale du peuple de gauche : le risque de l’extrême droite. Plutôt que de rechercher des arguments contre la candidate du populisme et du racisme, il a mené une attaque politicienne. En cela, il a renforcé le choix du vote utile, puisqu’il ne s’est pas positionné comme le principal adversaire du FN.

 

Ces erreurs font de Benoît Hamon le responsable de la situation actuelle, inutile de chercher des coupables. Une grande partie des militants, des sympathisants, des élus socialistes ne se retrouvent pas dans le programme et la stratégie du candidat. Une situation d’autant plus grave qu’elle affaiblit le Parti socialiste, le principal parti de la gauche de gouvernement, une situation mal vécue par les militantes et les militants socialistes divisés dans une campagne pourtant essentielle.

 

Philippe Allard

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Rédigé par Philippe Allard

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Publié le 20 Mars 2017

L’élection de 2012 fut une belle victoire pour le socialiste François Hollande, avec le rassemblement de toute la famille socialiste et des partis de gauche. Après cinq années de Nicolas Sarkozy, il incarnait cette volonté de changement.

 

Mais, la confrontation des socialistes à l’exercice du pouvoir va entraîner rapidement des questionnements, des incompréhensions, des tensions, et finalement des divisions.

Les socialistes en France sont en effet toujours tiraillés entre deux volontés : celle de changer la société contre le système capitaliste et celle de gouverner pour ne pas rester un parti de contestation.

Déjà, en mai 1936, avec le Front populaire, Léon Blum déclarait au Conseil national : « nous agirons à l’intérieur du régime actuel, de ce même régime dont nous avons montré les contradictions et les iniquités au cours de notre campagne électorale. C’est cela l’objet de notre expérience »

François Hollande, en prenant la Présidence de la République, avait la volonté de s’attaquer en priorité à l’un des fléaux de notre monde moderne : le chômage de masse. Or la situation qu’il trouve en arrivant à l’Elysée est mauvaise. Les plans sociaux se succèdent. Le chômage risque encore de s’aggraver. Dans ce contexte, le socialiste va décider de prendre les mesures pour sauver l’appareil économique français, en aidant les entreprises à retrouver des marges.

Débute alors la terrible guerre des gauches … les partis plus extrêmes, une nouvelle fois, voient le socialiste qui gouverne comme un traitre à la solde du monde de l’argent. Mais cette guerre des gauches ne s’arrête pas là. Au sein du Parti Socialiste, « l’aile gauche » se lance dans une attaque virulente : c’est la fronde.

Le choix économique de François Hollande était difficile mais nécessaire, il fallait convaincre. Mais au lieu d’être soutenu, il va être fragilisé par une partie de sa propre famille politique dans une guerre interne suicidaire.

 

De cet exercice du pouvoir, les socialistes ressortent plus que jamais divisés et affaiblis.

Le candidat socialiste pour l’élection présidentielle, Benoît Hamon, appartient justement à cette aile gauche des frondeurs qui a refusé d’assumer la réalité de l’exercice du pouvoir dans un système mondialisé. Les solutions qu’il propose dans cette campagne s’avèrent peu crédibles. La question du chômage n’est pas traitée directement. Il s’agit plutôt de revenir à une utopie. Il ne réussit pas à unir les socialistes sur son programme, ni les partis de gauche d’ailleurs. Les sondages d’opinion sont au plus bas. François Hollande n’est-il pas le dernier Président de la République socialiste ?

Si l’exercice du pouvoir dans une économie ouverte se solde finalement à chaque fois par une division entre réalistes et utopistes, est-ce vraiment possible de continuer ainsi ?

 

Ne faut-il pas constituer une force politique nouvelle de rassemblement sur la volonté claire d’assumer la réalité du pouvoir dans le système mondial avec toujours chevillé au corps l’engagement en faveur de la justice, de l’égalité des droits et des chances ?

C’est la voie choisie aujourd’hui par Emmanuel Macron qui a compris qu’on ne pourrait rien construire avec un parti aussi divisé, en tout cas pas une force de gouvernement. Pour bâtir cette nouvelle force, il a engagé la création d’un nouveau mouvement politique avec la détermination de renouvellement : En Marche.

 

Philippe Allard

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Rédigé par Philippe Allard

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Publié le 19 Mars 2017

La polémique enfle … Pour relancer sa campagne et sauver le candidat Hamon de la déroute, le Parti Socialiste a décidé de mettre les grands moyens et de casser sa tirelire …

Et c’est la démesure !

Il faut remplir absolument le Palais omnisport de Bercy qui contient 16000 places, c’est l’enjeu essentiel de cette journée pour faire une démonstration de force et tenter ainsi de retourner l’opinion publique en faveur du candidat.

Or Benoît Hamon n’a pas réussi à remplir les salles dans ces derniers meetings.

Les socialistes de l’Ile-de-France ne pouvant pas assurer le remplissage de cette salle, le parti socialiste a donc décidé de financer une remontée des régions et a affrété 130 cars partis des quatre coins de France. Peu importe la dépense énergétique d’une telle opération pour un candidat qui se déclare écologique. Peu importe si le candidat a prévu de tenir des meetings dans ces villes, l’objectif est de ratisser large, de vider les fonds de tiroir pour sauver les meubles … C’est l’opération survie de la dernière chance !

Mais combien coûte cette affaire ?

 

Alors que la campagne est engluée dans les affaires Fillon de fraude de fonds publics, comment peut-on accepter encore de voir ainsi l’argent public jeté par les fenêtres, dilapidé pour une simple campagne de communication, un effet de mobilisation.  

Alors que les gouvernements successifs demandent des efforts aux Françaises et aux Français, alors que la pauvreté est un drame national, alors que le chômage de masse sévit, les politiques ne doivent-ils pas accepter de faire eux aussi des efforts ? Les citoyens ne sont-ils pas en droit de dire : STOP !

La campagne de Nicolas Sarkozy avait indigné une grande partie des Françaises et des Français par les dépenses éhontées de ses meetings …

Sérieusement, croit-on vraiment que les électrices et les électeurs soient impressionnés par ces grands rassemblements et votent en conséquence ? N’est-ce pas une vision bien péjorative de la démocratie ?

Dans cette course à la démesure des politiques, pour faire des démonstrations de force, ne sommes-nous pas en train de perdre le plus important : le contact entre un candidat et ses électeurs ?

Qu’il y ait des rassemblements dans les villes cela peut se comprendre, c’est même nécessaire pour présenter et expliquer les propositions du candidat. Mais vouloir ainsi faire remonter de toute la France des militantes et des militants pour une démonstration de force, n’est-on pas en train de sortir de la mesure qui s’impose à tout candidat à la Présidence de la République ?

 

Philippe Allard

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Rédigé par Philippe Allard

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Publié le 18 Mars 2017

La campagne présidentielle intéresse de plus en plus de Françaises et de Français, au-delà du problème des affaires en série de François Fillon, dont la survie est aujourd’hui le seul enjeu. Son projet de politique ultra-libérale devient inaudible.

S’il y a un intérêt, il suffit pour s’en convaincre d’écouter les conversations au café du coin, c’est en partie car l’on sent bien se dessiner un choix d’orientation pour la France.

L’entrée dans le XXIè.s ouvre de nouveaux horizons, modifie la carte du monde, impose de relever de nouveaux défis. Dans les débats de cette campagne électorale, trois lignes politiques distinctes sont proposées :

 

1 - Marine Le Pen, très haute dans les sondages d’opinion, propose de revenir aux frontières nationales pour éviter les dangers de la mondialisation et de sortir de la construction européenne. En somme, le retour au nationalisme serait la solution. Cette orientation trouve un écho en France et ailleurs. Mais est-ce une voie sérieuse pour la France ? Difficile de convaincre ses partisans, pour autant l’isolement de la France, le repli sur soi, la haine de l’autre ne sont pas des solutions mais un sérieux danger. Les technologies actuelles offrent en effet les capacités d’échanges dans le monde : de produits, d’information, de technologies, de rencontres. Cette voie de fermeture de la France entraînerait de fait des politiques coercitives de type totalitaire.

2 –Mélenchon / Hamon, dans un duel en cours pour connaître qui en sera le principal leader, proposent une voie opposée à une mondialisation jugée trop libérale. Il faut revenir à un Etat fort, accepter des politiques protectionnistes, contenir les échanges avec les pays émergents, imposer le capital pour permettre à l’Etat de dépenser plus, remettre en question la dette. C’est aussi une orientation qui trouve aujourd’hui un certain écho dans le monde. Des leaders s’affirment pour porter cette voie. Cette orientation peut avoir un certain intérêt sur le plan moral, en rappelant que la recherche de l’enrichissement individuel, de la réussite matérielle, ne peuvent pas fonder une société harmonieuse. Les inégalités sont la source en effet de troubles et de désordres. Elles peuvent aussi permettre de soulever des problèmes, des indignations. Pour autant, les politiques proposées semblent peu crédibles, elles entraîneraient aussi un isolement de la France et de sérieuses difficultés financières.

 

3 – Emmanuel Macron propose de donner à la France la force de répondre aux défis de la mondialisation. Pas de remise en cause des conditions budgétaires, la France doit contenir ses dépenses. Mais une volonté de dynamiser nos entreprises dans un monde d’économie ouverte. Pour assurer cette dynamique, il faut alléger les charges, s’attaquer aux pesanteurs et contraintes administratives, renforcer le dialogue social pour éviter les blocages, investir dans la recherche, soutenir la création. Une voie donc plutôt libérale mais qui ne s’accompagne pas d’une remise en cause de l’Etat providence et qui va dans le sens des politiques progressistes. Emmanuel Macron cerne bien l’histoire de la France et en comprend l’attache à son modèle social. Il construit donc son projet sur à la fois un réalisme économique, sur une culture sociale et sur un progressisme permettant de répondre aux évolutions de la société. Une offre politique qui peut donc séduire une droite et une gauche modérées. Une offre qui s’inscrit bien dans l’histoire de la France attachée à une culture de liberté, à l’égalité des chances et à la fraternité.

Le XXIè.s bouscule notre offre politique, pour répondre à l’enjeu actuel de la mondialisation. Le débat est ouvert, des voies sont proposées, c’est l’intérêt essentiel de cette élection présidentielle pour donner un cap à la France.

Au-delà des slogans de campagne, des différentes personnalités, des combinaisons politiques, c’est bien un choix politique qu’il nous faut faire dans le respect de la démocratie et donc du choix de chacun.

Parmi ces voies proposées, celle d’Emmanuel Macron s’inscrit dans une dynamique qui peut permettre à la France de répondre aux défis de ce XXIè.s., avec son histoire et son ouverture sur le monde.

Philippe Allard

 

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Rédigé par Philippe Allard

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