Publié le 18 Mars 2017

La campagne présidentielle intéresse de plus en plus de Françaises et de Français, au-delà du problème des affaires en série de François Fillon, dont la survie est aujourd’hui le seul enjeu. Son projet de politique ultra-libérale devient inaudible.

S’il y a un intérêt, il suffit pour s’en convaincre d’écouter les conversations au café du coin, c’est en partie car l’on sent bien se dessiner un choix d’orientation pour la France.

L’entrée dans le XXIè.s ouvre de nouveaux horizons, modifie la carte du monde, impose de relever de nouveaux défis. Dans les débats de cette campagne électorale, trois lignes politiques distinctes sont proposées :

 

1 - Marine Le Pen, très haute dans les sondages d’opinion, propose de revenir aux frontières nationales pour éviter les dangers de la mondialisation et de sortir de la construction européenne. En somme, le retour au nationalisme serait la solution. Cette orientation trouve un écho en France et ailleurs. Mais est-ce une voie sérieuse pour la France ? Difficile de convaincre ses partisans, pour autant l’isolement de la France, le repli sur soi, la haine de l’autre ne sont pas des solutions mais un sérieux danger. Les technologies actuelles offrent en effet les capacités d’échanges dans le monde : de produits, d’information, de technologies, de rencontres. Cette voie de fermeture de la France entraînerait de fait des politiques coercitives de type totalitaire.

2 –Mélenchon / Hamon, dans un duel en cours pour connaître qui en sera le principal leader, proposent une voie opposée à une mondialisation jugée trop libérale. Il faut revenir à un Etat fort, accepter des politiques protectionnistes, contenir les échanges avec les pays émergents, imposer le capital pour permettre à l’Etat de dépenser plus, remettre en question la dette. C’est aussi une orientation qui trouve aujourd’hui un certain écho dans le monde. Des leaders s’affirment pour porter cette voie. Cette orientation peut avoir un certain intérêt sur le plan moral, en rappelant que la recherche de l’enrichissement individuel, de la réussite matérielle, ne peuvent pas fonder une société harmonieuse. Les inégalités sont la source en effet de troubles et de désordres. Elles peuvent aussi permettre de soulever des problèmes, des indignations. Pour autant, les politiques proposées semblent peu crédibles, elles entraîneraient aussi un isolement de la France et de sérieuses difficultés financières.

 

3 – Emmanuel Macron propose de donner à la France la force de répondre aux défis de la mondialisation. Pas de remise en cause des conditions budgétaires, la France doit contenir ses dépenses. Mais une volonté de dynamiser nos entreprises dans un monde d’économie ouverte. Pour assurer cette dynamique, il faut alléger les charges, s’attaquer aux pesanteurs et contraintes administratives, renforcer le dialogue social pour éviter les blocages, investir dans la recherche, soutenir la création. Une voie donc plutôt libérale mais qui ne s’accompagne pas d’une remise en cause de l’Etat providence et qui va dans le sens des politiques progressistes. Emmanuel Macron cerne bien l’histoire de la France et en comprend l’attache à son modèle social. Il construit donc son projet sur à la fois un réalisme économique, sur une culture sociale et sur un progressisme permettant de répondre aux évolutions de la société. Une offre politique qui peut donc séduire une droite et une gauche modérées. Une offre qui s’inscrit bien dans l’histoire de la France attachée à une culture de liberté, à l’égalité des chances et à la fraternité.

Le XXIè.s bouscule notre offre politique, pour répondre à l’enjeu actuel de la mondialisation. Le débat est ouvert, des voies sont proposées, c’est l’intérêt essentiel de cette élection présidentielle pour donner un cap à la France.

Au-delà des slogans de campagne, des différentes personnalités, des combinaisons politiques, c’est bien un choix politique qu’il nous faut faire dans le respect de la démocratie et donc du choix de chacun.

Parmi ces voies proposées, celle d’Emmanuel Macron s’inscrit dans une dynamique qui peut permettre à la France de répondre aux défis de ce XXIè.s., avec son histoire et son ouverture sur le monde.

Philippe Allard

 

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Rédigé par Philippe Allard

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Publié le 16 Mars 2017

Hamon a présenté ce jeudi 16 mars son programme pour la présidentielle, à un peu plus d’un mois du 1er tour qui aura lieu le dimanche 23 avril prochain.

Sur la forme, il s’agissait plutôt d’un catalogue de propositions, égrainé durant 1h20, un inventaire à la Prévert, sans finalement être capable de fixer un cap, une orientation claire. C’est en somme une caricature de ce qu’il ne faut pas faire, alors que les Françaises et les Français ne croient plus trop aux promesses des candidats, mais attendent surtout que le chef de l’Etat soit d’abord capable de donner du sens à son action.

Sur le contenu, on croit rêver et on peut réellement s’interroger : Benoît Hamon est-il sérieux ? Est-il vraiment candidat à l’élection présidentielle ?

Au-delà de quelques formules magiques, des slogans de campagne d’agence de communication, comme « l’intelligence collective » ou « le futur désirable », Benoît Hamon a surtout déployé un feu d’artifice de dépenses. Allons-y, allons-y, demandez, il y a en a pour tout le monde … Et ce fut impressionnant … excusez la vulgarité de l’expression, mais le propos s’y prête : on en reste sur le cul !

L’ardoise magique fonctionne à plein … C’est Byzance …. Plus de contrôle, plus de raison, plus de compte, tout est permis et ça part dans tous les sens…. Sans pouvoir être exhaustif, car l’ardoise est trop longue … les promesses pleuvent à flot : plus de dépenses dans la recherche, augmentation du SMIC, revenu universel permettant de gagner plus, dépenses dans la mutation énergétique, plus de place dans toutes les structures sociales, mais non ce n'est pas fini ... plus pour la garde des enfants, plus pour les allocations familiales avec un droit dès le premier enfant, plus d’enseignants, plus de policiers, plus pour la santé, plus pour le sport, plus de maillage ferroviaire, plus pour les ainés avec notamment le relèvement du minimum vieillesse, et on continue... plus de service civique, plus pour la défense, plus pour les outremers … Stop, on n’arrive plus à suivre … l’argent, l’argent, l’argent, c’est la démesure … … on donne de partout et à tout le monde.

On savait Benoît Hamon en difficulté mais là il s’agit plutôt d’un sabordage ! Il a vraiment pété les plombs !

L’Etat aurait ainsi un trésor caché à dépenser ? Est-ce vraiment sérieux alors que la question de la dette de la France est posée.

Qui peut véritablement croire à ce catalogue de promesses ? D’autant que le seul horizon donné en face aux entreprises qui créent l’emploi et la richesse, ce sont plus de contrôles et toujours plus de taxes … dans la compétition mondiale autant dire que c'est leur mort.

Où est l’équilibre dans tout cela ? Où est la mesure, la crédibilité de ce programme ? Quel est le sens de cette candidature ?

Le Parti Socialiste avec ce programme de Benoît Hamon s’efface de l’élection présidentielle pour entrer dans sa bulle … la bulle spéculative des promesses insensées et des combats internes.

Philippe Allard

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Publié le 15 Mars 2017

Qu’est-ce que la gauche ?

La gauche est née avec cette volonté de bâtir une société plus juste, refusant les privilèges pour un petit nombre et défendant le droit à la liberté. Il fallait sortir d’un système où l’Etat royal imposait une hiérarchie sociale, une religion, restreignait les libertés et refusait les évolutions. Ce fut le temps de la Révolution française avec ses crises internes, pour accoucher finalement d’un nouveau monde, pour la liberté et l’égalité des droits de l’Homme.

Cette gauche libérale à l’origine, au XIXè.s, face à l’exploitation ouvrière en Europe, s’oriente alors vers l’idée de donner plus de poids à l’Etat dans une bataille contre le capitalisme dominant. Les inégalités entre la bourgeoisie et le monde ouvrier deviennent intolérables. Mais jusqu’où l’Etat doit-il intervenir ? L’Etat doit-il tout contrôler ou seulement réformer par la loi pour instaurer plus de justice ? Partout en Europe, les gauches se divisent sur la place de l’Etat …

Les gauches accèdent au pouvoir … Les réformistes permettent de nombreuses avancées sociales sans remettre en cause le système capitaliste. La gauche étatique finit également par prendre le pouvoir … mais finalement, les régimes mis en place finissent en dictature … au nom de l’égalité, les libertés sont remises en cause. Le rêve disparaît, les régimes s’effondrent à la fin du XXè.s, au nom de la liberté, les peuples rejettent ce système.

Alors où en est la gauche aujourd’hui ? Que propose-t-elle ? Je suis de gauche ! Quel est le sens de cette affirmation ?

Nous entrons dans le XXIè.s, ouvert aux échanges grâce aux progrès technologiques, les frontières deviennent plus perméables. Dans ce monde ouvert, l’Etat pour contrôler doit imposer toujours plus de réglementations, d’interdictions, de surveillance. Contre ce nouveau monde, on construit des murs, on veut affirmer son identité nationale, on accroît les moyens de l’armée, on veut s’enfermer, s’isoler. Le nationalisme et le protectionnisme refont surface.

Que propose la gauche ? Faut-il répondre aux sirènes de la peur et rejoindre les partisans du retour des frontières et du nationalisme ? Faut-il encore attendre tout de l’Etat et faire des habitants de ce pays des allocataires à la solde de l’Etat ?

La France est riche comparée aux autres pays du monde. Pourtant la pauvreté subsiste et le chômage de masse représente un véritable fléau. N’avons-nous pas les capacités de répondre à ces problèmes sans passer par la fermeture des frontières ?

Nous avons besoin de nombreux emplois en France pour améliorer les bâtiments, pour créer de nouvelles entreprises, pour répondre à des besoins de services nouveaux. La réponse à nos problèmes ne se trouve pas dans le rejet de l’autre mais dans notre propre capacité à répondre à ces défis.

 

Donner plus de place aux initiatives dans l’ensemble des territoires, retrouver le goût de la liberté de créer, de construire, d’entreprendre, d’imaginer, se dire que toujours plus d’Etat n’est pas la solution.

Nous avons besoin de protection, l’Etat a un rôle a joué essentiel pour assurer la fraternité. Il ne s’agit pas de le remettre en cause. Mais à côté de cela, à nous citoyens de trouver dans nos territoires les réponses aux défis à relever, pour ne pas s'en remettre à ... mais pour agir. C’est le nouveau rôle que doivent se donner les autorités politiques : donner plus de liberté pour promouvoir l’initiative.

 

Nous aurons besoin d'une droite et d'une gauche ... elles se reconstitueront. Mais puisqu'il n'y a pas, pour l'élection présidentielle, de candidat pour défendre cette vision de la gauche, puisqu'on nous propose seulement des paradis artificiels avec toujours plus d'Etat, il nous reste plus qu'à participer à un projet de rassemblement, une mise en Marche commune pour la France.

 

Philippe Allard

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Rédigé par Philippe Allard

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Publié le 10 Mars 2017

Benoît Hamon était l'invité jeudi soir de l'émission politique de France 2, interrogé par David Pujadas.
Ce qui ressort d'abord de cette émission, c'est la présentation de la thèse de Benoît Hamon : avec la révolution numérique le travail va se raréfier, il faut donc y répondre en créant le revenu universel.
 
En somme, il serait inutile de vouloir résoudre le problème essentiel pour une majorité de Françaises et de Français : le chômage de masse, puisque avec la révolution numérique celui-ci va encore s'accroître ... La question de l'emploi disparaît donc des préoccupations du candidat de la gauche. Il ne s'agit plus de résoudre le problème du chômage mais de préparer une nouvelle société, où chaque homme faute d'emploi aurait droit à vie à une allocation.
On entre donc dans un monde parallèle, un autre monde à venir extrapolé dans des récits politiques de science-fiction.

En effet, la thèse développée par le professeur Hamon est loin d'être crédible car depuis la révolution industrielle, toutes les prophéties annonçant la fin du travail se sont avérées erronées. Certes, si la machine peut remplacer certains travaux, l'évolution de la société crée de nouveaux besoins et donc de nombreux emplois. Ainsi, l'allongement de la durée de vie impose de nouveaux services à la personne, la mutation énergétique va créer de nombreux emplois pour la production et l'utilisation des nouvelles énergies, la révolution numérique développe une nouvelle industrie ... et l'on pourrait ainsi multiplier les exemples.
La thèse de départ de Benoît Hamon n'est donc qu'une hypothèse peu crédible sur laquelle le candidat fait reposer sa politique : une voie donc sans issue pour résoudre les problèmes actuels de la France.
La gauche se perd dans des prophéties et perd pied, oubliant les problèmes réels et les enjeux de la France.
 
Oublions donc le professeur Hamon et ses prophéties ... et réfléchissons sérieusement aux politiques à mener pour répondre à la question essentielle : l'emploi.  Il nous faut des réponses crédibles et sérieuses.
 
La réponse de Marine le Pen peut séduire une partie des électrices et des électeurs, pourtant c'est aussi une voie sans issue. Proposer de fermer les frontières et de mettre fin à l'immigration sont deux propositions inadaptées à la situation de notre économie. L'économie française, cinquième mondiale, repose sur l'économie ouverte. L'immigration économique est aujourd'hui contrôlée et sert surtout à répondre à des besoins qui ne sont pas pourvus, dans des emplois pénibles notamment. Les réponses proposées (la fermeture des frontières et la chasse à l'immigration) ne sont donc pas crédibles pour assurer l'emploi.
 
La réponse d'Emmanuel Macron, qui en fait un sujet essentiel, à la hauteur de l'enjeu, est basée sur la nécessité de "libérer le travail et l'esprit d'entreprise". Pour créer l'emploi, la France doit aller plus loin dans la réduction du coût du travail, dans l'innovation, dans l'esprit d'entreprise, dans le dialogue social et la responsabilisation des chefs d'entreprise.
Est-ce une réponse de gauche ? Pour certains idéologues, l'entreprise reste le domaine du capitalisme, soutenir l'esprit d'entreprise serait donc une politique de droite.
J'ai une autre vision de la gauche, plus progressiste, plus réformiste. La gauche c'est pour moi l'idée de la justice, de l'égalité des droits. On ne peut pas accepter une société dans laquelle on prive une partie de son peuple du droit au travail donc à la dignité et à l'émancipation.
 
Philippe Allard

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Rédigé par Philippe Allard

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